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No Future !

 
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Auteur Message
Kureno Sôma
☆ Lord & Ladies ☆

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Inscrit le: 19 Juil 2009
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Localisation: 6243 Hollywood Boulevard, LA (USA)

MessagePosté le: Sam 28 Nov 2009 - 00:50    Sujet du message: No Future ! Répondre en citant

J'ai déjà posté cette histoire dans la partie Création mais on m'a conseillé de la mettre là ^^
Donc voilà ^^
Bonne lecture *-*


Prologue
Chapitre 1 : Premier volet de notre histoire
Chapitre 2 : Un début de réponse
Chapitre 3 : Les Mystères de Roy
Chapitre 4 : Bob
Chapitre 5 : Rencontre avec le Diable ?
Chapitre 6 : Interrogations
Chapitre 7 : Petits Secrets entre amis
Chapitre 8 : Etat Léthargique

Chapitre 9 : Un Pied à Terre
Chapitre 10 : Histoires de ... mariages
Chapitre 11 : Chacun des visages 
Chapitre 12 : Le Fil Conducteur de mon existence 
Chapitre 13 : Une Part de Lui 
Chapitre 14 : L'aube d'une nouvelle ère ? 
Chapitre 15 : Le Projet de Bob
Chapitre 16 : Début des Hostilités
Chapitre 17 : Come Back
Chapitre 18: En cours d'écriture





Publication



   Qui je suis ? Ça n'a pas d'importance, car dans cette histoire, je ne serais que le narrateur, celle qui vous retranscrira les messages que j'ai reçu, il y a de cela bon nombre d'années. Aujourd'hui c'est à mon tour de vous transmettre cette histoire. Aussi, voici le tout premier message que j'ai reçu :

"Je m'appelle Charity, Charity Brown et ce que vous allez lire c'est mon histoire, notre histoire. Nous venons tous de lieux différents, parfois de pays mais aussi d'époques. Ça peut vous paraître incroyable mais c'est vrai. Aussi, si vous êtes prêts à lire cette aventure,  à moi de vous en présenter les protagonistes.
Tout d'abord, Mackenzie, elle est adorable même si elle est un peu perdue, comme nous tous d'ailleurs, elle a 7 ans et elle est originaire de Cambridge en 1999.
Ensuite, il y a James Patrick, il est anglais mais en 1825. Pour lui, c'est pire qu'un choc culturel. Mais il tient le coup, il est plutôt facile à vivre malgré ses manières de bourgeois.
Autre choc culturel peut être moins important mais quand même, celui de Ethan, il vient d' Oxford où il est étudiant en 1950. Il est très drôle et très agréable, il aime bien s'occuper des autres et je trouve ça vraiment sympa.
Vient ensuite, Sae, elle est japonaise et elle est très intelligente, elle semble profiter du voyage contrairement aux autres et se montre curieuse de tout, je l'aime beaucoup !
Il y a aussi, Ayana, elle est pakistanaise mais faisait ses études en Italie en 1991, elle est assez discrète. Elle est très courageuse mais semble la moins heureuse d'être là .
Et les jumelles bien sur, Kennedy et Esperanza, elles viennent de LA en 2008 et sont un peu folles sur les bords mais dans le bon sens ! Elles sont très drôles ! Finalement, on est plutôt bien tombés !
Et enfin, le plus mystérieux mais aussi le moins ancien, Reykjavik alias Roy. Il vient de 2039 et il est très spécial. Je dirais que c'est le plus rationnel d'entre nous, le plus protecteur aussi et je le trouve vraiment mature pour un garçon de mon age. On s'entend bien, en fait. Mais il est un côté tellement particulier, ça reste une énigme ! Mais heureusement qu'il est là !
Et moi ? Eh, bien, j'ai 21 ans et je viens de Boston en 2009.
Vous vous demandez en quelle année, nous sommes ? Nous sommes en 2054 à New York City aux States.
Alors prêt, paré à entendre notre histoire ? Alors bienvenue dans notre univers et bonne chance car la route est longue et semée d'embûches alors ne te perds pas en chemin ! "

Charity B. XOXO


Voici le deuxième message que j'ai reçu avec presque autant de surprise que le premier. Il marque le point de départ de cette histoire. Le monde était' il donc capable de cela ?

" Alors toujours là ? Dans ce cas, en route ! Je vais vous conter le premier volet de notre histoire. Celui-ci, je pourrais peut être l'intitulé Rencontre avec le futur ! Car il faut bien l'avouer, c'est une rencontre. De véritables rencontres en fait. Avec le nouveau monde mais aussi avec les autres. Je dois bien avouer que pour la première fois de ma vie, je ne suis pas seule. Par où commencer ? Oh ! Le début peut être ! Tout a commencé dans cette rue où nous sommes tous retrouvés, on ne sait trop comment ! Je crois que cet endroit, je ne l'oublierais jamais. Lorsque nous avons atterri là, dans la lumière, le monde nous a paru passer à une vitesse folle, tout n'était que lumières et sons, des illusions ! Et puis, il y avait les autres et le froid. Ce froid ! Je dois bien l'avouer, j'étais frigorifiée. Et puis, il y avait Mac, petite fille de 7 ans, perdue dans un monde inconnu, plus que nous peut être. J'ai eu peur ! Peur de ses réactions et de ses angoisses aussi. Alors je l'ai rassuré comme j'ai pu, lui faisant des promesses que je n'étais même pas sûre de tenir. Où étions-nous ? Comment réfléchir avec le froid à vous glacer les sangs ? Le mystérieux jeune homme, bien plus calme que nous autres, a été le premier à le remarquer. Il m'a prêté sa veste. Oublierais-je un jour la vision que j'ai eu de lui à cet instant ? Je crois bien que non. Il paraissait si sombre, si mystérieux, tellement beau et irréel en fait. Il avait cet air désinvolte d'une élégance qui ne le quittera jamais. Les questions ont fusé dans ma tête et puis à voix haute. Où étions-nous ? Rien ne correspondait à notre époque et pour cause, aucun d'entre nous n'en était et le pire c'est que nous n'étions pas non plus de la même époque. Alors, il est intervenu avec son aisance naturelle. Il a interpellé un homme dans la rue qui l'a pris pour un dingue mais qui lui a répondu. Alors le verdict tomba, nous étions en 2054. Puis les mots ont fusé et les révélations éclatées, nous ne venions pas de la même époque, nous étions tous des émissaires d'un passé différent.
Il a été le premier à percevoir le problème et les questions ont commencé.
De quelle année venions-nous ?
De quel endroit ?
Étions-nous seul à ce moment-là ?
Que faisions-nous ?
Avions-nous des frères et sœurs ?
Quel age avions-nous ?
Tous, nous avons répondu les uns après les autres, un anglais de 1825, un autre de 1950, une petite de 1999, des jumelles d'avril 2008, une japonaise de 2001, une pakistanaise qui faisait ses études en Italie de 1991, moi de 2009 et enfin, lui de 2039.
Trois en Angleterre mais dans des villes et lieux différents, une en Italie, une au Japon, trois aux USA dont moi et lui en Allemagne, en tout cas à ce moment-là. A part les jumelles, nous étions tous seuls et nous ne faisions rien de particulier.
Tous, enfants uniques, ou presque, l'anglais d'après guerre a deux frères, la pakistanaise, un frère, l'anglais du 19° six frères et sœurs et les jumelles bien sur. Lui, il le dit aussi mais j'ai eu comme le doute qu'il n'avait pas tout dit. Et puis, toujours moi, en dernier.
A part, Mac, la seule à être âgée de 7ans, nous étions tous deux personnes du même age, l'anglais du 19° et la japonaise ont 25 ans, les jumelles, 18, la pakistanaise et l'autre anglais, 19 et lui et moi, 21 ans.
Enfin, nous avons tous fini par nous présenter. James Patrick Spencer, Ethan, Mackenzie, Kennedy, Esperanza, Sae, Ayana, moi Charity et enfin, lui Reykjavik alias Roy.
  La question de la machine à remonter le temps est arrivée et il a répondu, réfléchi et rationnel. Pourquoi étions-nous là ? Nous n'avions aucune idée. Mais nous ne pouvions pas nous permettre d'attendre. Il semblait être tard. Roy nous a demandé si nous avions de l'argent ou du moins les américaines, les jumelles avaient 25 dollars et j'en avais 100 pour mon pourboire. Il nous proposait de trouver un lieu au moins pour cette nuit et nous avons tous approuvé. Le fait qu'il n'y est que 15 ans de différence avec son époque, c'était avéré très utile. Il était presque chez lui. Car entre les passages cloutés qu'il faut ouvrir en claquant des doigts, les cartes électroniques qui ont même évolué en 15 ans. Et puis, les hostias, des sortes d'hôtels dont une chambre comportait plusieurs chambres qui s'adaptaient à vos envies et la vue magnifique, nous avons tous été impressionnés, James et Ethan à des degrés plus importants encore. Le repas du soir était assez comique. James et les couverts ! Les nouvelles technologies sont vraiment incroyables ! Et Roy qui maîtrise tout ! Ça en est presque drôle ! L'heure vient de dormir mais mes idées envahissent ma tête. Pourquoi ? Comment ? Et pour combien de temps ?



Deuxième jour. Troisième message. Les neuf émissaires du passé comme je les appellerais désormais, cherchent des éléments de réponse. Auront-ils un jour la clé ? J'en viens à m'en effrayer....

"Le jour se leva. Lorsque je revins au centre de la chambre, Roy était déjà levé. New York, au petit matin était impressionnante. Très vite, je compris qu'avec lui, les regards suffiront. La conversation s'engagea et notre séjour nous revint. Malgré tout, nous étions liés. Roy qui maîtrisait bien mieux que moi ses nouvelles technologies, nous amena à une recherche généalogique, aurions-nous des liens de parenté ? Me cachant, bien sur, ce qui pourrait influencer mon avenir, les recherches s'avérèrent négatives. Les autres se lèvent à leur tour. Alors qu'ils nous demandèrent nos activités, une question surgit soudain et si quand même. Ajoutant tout nos prénoms et noms ainsi que les années, Roy affina nos recherches et le verdict tomba.
Deux d'entre nous, étions bien liés. James et Roy faisaient partie de la même lignée, Roy étant un descendant de James. Notre noble anglais sembla s'en réjouir. Puis vint la question d' Ayana, rentrerons-nous à temps ? Malheureusement aucun de nous n'a la réponse. Navrée de ne pouvoir faire disparaître ses peurs, la jeune pakistanaise finit par nous révéler que dans un mois, elle doit se marier. Le silence s'installa et nous finirent tous par déjeuner.
Qu'allions-nous faire en attendant ? La première chose à faire était de savoir comment nous étions arrivés là. Il y avait, à ce jour, à New York, une station d'astronomie qui pourrait bien nous rendre service. Mais il restait des choses à voir, et Roy n'allait pas le cacher. Vu que nous ignorions pour combien de temps nous étions là, il préféra nous tenir au courant, en tout cas des choses que nous finirions de toute façon par découvrir. A l'exception peut être de James et Ethan, la vérité nous éclata aux visages, le monde avait changé, indéniablement.
Et pour cause, désormais les cyborgs humanoïdes faisaient partis intégrantes de ce monde au même titre que les hommes. Ils ne se différenciaient que par le tatouage qu'ils portent à la nuque qui correspondait à un code barre comme d'ailleurs, nous l'apprit-il, la jeune réceptionniste de l' Hôtel. Il existait aussi des clones mais ils étaient rares et la plupart en hôpital psychiatrique. D'autres hommes étaient également nés de la génétique choisie comme dans Gattaca mais étaient désormais plutôt rares et puis il y en avait d'autres modifiés génétiquement mais qui restaient, eux aussi, minoritaires. Les formes de discrimination n'avaient à ce jour plus aucune raison d'être. La technologie faisait, bien sur partie intégrante de la société à un niveau phénoménal. Il finit par déclarer que pour le moment, nous n'avions pas besoin d'en savoir plus. Il nous proposa également de trouver de quoi nous changer, histoire de passer inaperçu notamment à la tour.
Aussi, nous partîmes dans les rues de New York. Utilisant une carte pour entrer dans un souterrain, nous nous retrouvâmes dans ce qui ressemblait fort à une galerie marchande. Le premier magasin fit l'affaire ! Séance relookage pour tout le monde ! Une charmante caissière androïde nous servit et elle se débrouilla plutôt pas mal. Les jumelles s'en donnèrent à cœur joie et même James finit par trouver son bonheur. Alors que les deux sœurs insistèrent pour faire un tour chez les maquilleuses, Roy fit pour sa part, un détour vers une boutique que je ne pus qualifié. Et nul ne saura ce qu'il y avait fait (Note de CB: Roy possédait déjà des armes mais bien trop vieilles pour l'époque et s'arrangeait donc pour faire du trafic) 
Nous partîmes ensuite, pour notre expédition à la tour internationale d' 'astronomie de New York . Et l'entrée s'avéra difficile , l'accès était privé et réservé. Visiblement pas un problème, pour notre jeune allemand du futur, ce qu'il montra à l'employé au niveau de son poignet, le fit frémir et changer soudain de comportement. Et la question revint alors qui est' il vraiment ? Mais nous ne serions pas venus pour rien. La vérité s'ouvrit à nous et ce n'était pas une coïncidence. Ce qui ne se produit que très rarement dans notre univers s'était produit hier, dans la soirée, à savoir, un trou noir dans la couche inférieure de notre galaxie. Les connaissances de Sae nous furent alors d'une aide précieuse mais le verdict nous apparut soudain lourd. Une fois, à l'extérieur, Roy demanda à Sae d'éloigner Mac et formula à voix haute ce que nous pensions tous. Si cette formation n'arrivait que très rarement quand apparaîtrait-elle à nouveau , reviendrait –t-elle un jour, allions-nous rester ici jusqu'à la fin de nos jours ? Aya commençait à désespérer et je la comprenais même si je n'étais pas dans le même état.
  Et puis soudain, l'évidence, mais bien sur pourquoi n' y avais-je pas pensé plus tôt ? Nous allions rentrer et peut être plus tôt que prévue !! Je présenta ma théorie à Roy mais j'étais sure de moi. Si nous n'étions jamais rentrés alors Roy ne devrait pas être là, car il ne pourrait exister. Tous en étaient surpris, sur quoi m'appuyais-je ? Sur ce que nous avions, bien sur, car si nous ne rentrions pas un jour, alors James n'aura jamais de descendance or Roy était un de ses descendants et pourtant, il était bel et bien là ! Et inchangé, il faut le dire ! L'évidence se fit voir ! Et l'espoir revint ! Une autre idée me vint à l'esprit ! Nous avons les moyens de connaître le temps de notre disparition ! Roy et moi regardions nos dossiers ce matin, or si nous avions disparu de façon conséquent, il y a aura forcément, une trace. Roy s'attela à la tache. Et le verdict tomba une nouvelle fois, aucun d'entre nous n'avait quitté le monde assez longtemps pour que quiconque ne le sache. Aya fut alors bien rassurée, rien ne changera ! Comme quoi les révélations peuvent avoir plusieurs visages !!



Quatrième message. Leur nouvelle vie commence. Certaines choses m'amènent à réfléchir mais que peuvent donc ils tous cachés ?

"Sae et Mac revinrent et les jumelles s'empressèrent de lui donner le résultat de nos conclusions. La jeune japonaise sembla visiblement très heureuse, d'un soulagement que je qualifierais de semblable à celui d' Ayana. Sae aurait' elle, elle aussi, ses secrets ? Qu'importe après tout, nous avions sûrement tous quelque chose à cacher aux autres, à commencer par moi, d'ailleurs ... Lorsque je regardais Roy, il semble pensif, le seul à ne pas être soulagé ou euphorique. Je fus surprise. Je lui demandai si quelque chose n'allait pas. Il leva la tête vers moi, me sourit et me répondit qu'il était juste en train de réfléchir à la manière dont nous allions devoir nous débrouiller pour vivre en attendant notre retour vers le passé. Les autres semblèrent prendre le cours de la réflexion et se montrèrent de nouveau inquiets. Après tout, nous ignorions pour combien de temps, nous étions là ! Je me retournai vers lui qui est reparti dans ses pensées. Puis, peu après, il nous fit savoir qu'il avait peut être une solution mais qu'avant nous devrions peut être aller manger car il était midi passé. Nos convives se regardèrent, surpris puis amusés, il était vrai que malgré le coté extraordinaire de notre situation, il restait toujours les choses ordinaires !
N'ayant pour le moment, aucun autre endroit où nous rendre, nous revînmes à l'hôtel, où nous avions passé la nuit et nos premiers repas. La cuisine nous surprit toujours autant. Inconsciemment, je ne pus m'empêcher de regarder à l'arrière des nuques des différentes serveuses que j'apercevais. J'étais d'ailleurs surprise de voir que cette profession existe encore ! Je m'en confie à Roy. Il me regarda, surpris, puis me répondit que cette profession n'avait jamais pu vraiment disparaître. D'après lui, à une époque, on avait essayé de la remplacer par de nouvelles technologies mais il s'était avéré que les choses avaient très mal tourné. Les machines avaient réalisé de véritables catastrophes. Le système de table avait  très mal fonctionné car que l'on le veuille ou non la cuisine, c'était pas technologique ! De plus, les serveuses de l'époque s'étaient rebellées et avaient fait pas mal de dégâts. Au final, le seul aspect technologie qu'ils avaient pu intégrés, c''était les androïdes, comme partout.
  Puis avec l'impression d'en avoir trop dit,  il se détourna. Je le regardai, surprise. Ne m'aurait-il pas tout dit ou bien est ce que je devenais parano ? J'observai les autres, Aya discutait vivement avec les jumelles qui lui racontaient leurs histoires universitaires. Sae s'occupait de Mac qui semble beaucoup s'amuser. James et Ethan semblaient bien s'entendre, leur conversation virant parfois au latin et m'arrachant un sourire amusé. Je me retournai vers Roy et découvrit qu'il me regardait. Mais il détourna les yeux. Je restai sceptique. Le repas prit fin et Roy fut le premier à se lever. Il remercia chaleureusement la serveuse cyborg et paya la note. Les autres se levèrent à leur tour et nous sortîmes de l'hostia. 
Roy se tourna vers nous et nous expliqua que la priorité c'était de trouver un logement et si possible du travail, afin de subvenir à nos besoins. Espe lui demanda alors comment il comptait s'y prendre. Avec un sourire, Roy lui répondit qu'il avait un contact qui pourrait sans mal le dépanner et sans poser de questions embarrassantes sur le fait qu'il avait 21 ans au lieu de 36 ! Aya semblait sceptique mais après tout pourquoi pas ? Nul ne connaissait vraiment cette époque et Roy ! Semblant tous estimer que nous n'avions d'autre choix que de le suivre, nous approuvâmes cette opportunité. Roy sembla satisfait. Il continua alors et nous dit qu'il allait falloir faire des achats car son contact se trouvait dans un endroit un peu particulier. Les jumelles s'en révélèrent alors très excitées. Le jeune allemand, toujours aussi à l'aise, peut être encore plus qu'avant, mena les opérations et commença par nous amener dans une boutique un peu spéciale.
  Un homme nous accueillit, pas l'air très rassurant. Roy lui parla alors dans une langue que je ne comprenais pas. Son interlocuteur nous regarda puis nous amena dans l'arrière de son magasin. Les murs étaient tapissés de symboles diverses et variés et ce qui je dois l'avouer m'intriguait. L'homme à l'air mafieux nous laissa seuls et Roy se tourna vers nous. Il nous expliqua que son contact se trouvait actuellement dans ce qui correspondre dans notre époque à une sorte de bar. Il nous fit ensuite savoir que ce lieu a certains codes et que pour ce faire, il allait nous falloir des gages de bonne volonté. Il nous invita ensuite à choisir quelque chose sur les différentes étagères qu'il fit apparaître en un claquement de doigts. Nous nous attelâmes à la tache, sans poser de questions. Bon nombre des objets exposés sur les étagères semblaient valoir une fortune, me retenant de lui demander comment il comptait payer tout ça, je me concentrai sur mon choix. Après une brève observation, j'aperçus une petite croix celtique, toute simple. Inconsciemment, je dois dire qu'elle me plut, elle me rappelait celle que j'avais eu il y a quelques années et que l'on m' avait ensuite volé. Je la pris et me tourna vers Roy. Celui-ci nous observait les uns après les autres, parfois il sourit. Dans ce cas, je suivis son regard. Les plus proches de l'entrée, Ethan et James semblaient en grande discussion au sujet d'un objet que je ne pouvais apercevoir. Les choix s'arrêtèrent peu à peu et lorsque nous eûmes tous terminés. Roy approuva d'un signe de tête et nous invita à sortir. Il comptabilisa le nombre d'objets et le fis connaître à l'étrange marchand que Roy paraissait effrayé ou du moins impressionné. Je conservai cette information dans un coin de ma tête. Une de plus sur le mystère Reykjavik VanHeidkrüger ! 
Par la suite, il nous amena vers le fameux «bar» où se trouvait son contact. Une fois à l'intérieur, les différents allusions de Roy s'avérèrent justifiés. Un homme vint nous aborder et nous lui montrâmes nos différents talismans. Il approuva tout comme Roy. Celui-ci s'adressa ensuite à nous ou plus particulièrement aux filles. Il souhaitait en effet que l'une d'entre nous l'accompagne pour justifier nos propos. Elles se regardèrent, moi incluse. Semblant être tombées d'accord suite à une discussion que je n'avais perçu, les jumelles se tournèrent vers Roy et moi. Elles pensaient en effet que j 'étais sûrement la plus apte à aider Roy pour ce genre d'affaire. Je les regardais surprise mais il s'avéra que les autres approuvaient cet avis. Roy sembla en faire de même avant de se tourner vers moi. Il me questionna du regard et prise un peu au dépourvu, j'approuvai en lui demandant si ça ne le dérange pas. Il me sourit et me déclara que ça ne lui pose aucun problème. Cette décision prise, il se tourna vers Ethan et lui demanda s'il ne pouvait pas lui prêter sa veste. Celui-ci parut surpris puis accepta. Roy lui passa la sienne en échange. Il mit la veste cintré et me fit signe de le suivre. Il déclara aux autres que nous allons revenir puis s'avança vers une porte au fond du «bar», je l'observai en même temps que le décor et je dus m'avouer qu'il me faisait bizarre, habillé ainsi. Je m'étais habituée à la veste en cuir ! Mais une fois, arrivée devant la porte, une tension vint compresser ma poitrine où m'emmenait-il ?



Cinquième message. Charity poursuit le récit de leur deuxième jour dans le futur. Certaines choses qui auraient pu être très compliquées, s'avèrent bien plus simples. Pourtant, rien n'est clair et certaines sont justement beaucoup trop faciles pour ne rien cacher derrière. Comment tout cela va finir ? C'est une question à laquelle, je n'ai malheureusement pas de réponses à donner...

" Il se tourna vers moi. Semblant percevoir mon inquiétude, il plongea son regard dans le mien et je m'en vis rassurée. Il me dit que son contact s'appelait Bob et qu'il l'avait aidé à plusieurs reprises. Puis avec un dernier regard d'une intensité folle, il m'assura que personne ne me fera jamais de mal tant qu'il serait là. Mes réticences volant peu à peu en poussière, j'approuvais. Il frappa puis entra sans retenue. La pièce, dans laquelle nous arrivâmes, était petite, les murs blancs avec seulement en son centre, un bureau en bois. Assis, s'y trouvait un homme auquel je n'aurais pu donner d'age mais certainement proche de la cinquantaine. Il était attelé à la rédaction d'une carte comme nous l'avions tous faits un jour ou l'autre en cours de géographie. Le lieu sur lequel il travaillait m'était inconnu. Puis sans lever la tête, ni bouger de son attelage, il s'adressa à nous :
- Reykjavik VanHeidkrüger que me vaut cette visite ?
Sa voix était rauque, ancienne, profonde, presque déroutante.
- Toujours aussi perspicace ! Tu es surpris de me voir ?
- Plus depuis que je sais que tu es doué pour t'enfermer dans toutes sortes d'ennuis ! Aurais-tu besoin de mes services ?
- Ça se pourrait bien !
- Tu ne présentes pas ta partenaire ?
Il n'avait toujours pas lever les yeux vers nous, ni ne les avez détourner de sa tache, je fus surprise de savoir qu'il m'avait remarqué !
- Elle s'appelle Charity !
- Décidément, tu as toujours aussi bon goût !
J'étais d'autant plus surprise. Roy, lui ,se contenta de sourire.
- Ça n'est pas le propos, Bobby !
Roy sembla presque gêné. Ce la me surprit autant que cela m'amusa. Bob, pour sa part, semblait ne pas avoir de réaction.
- Je m'en doutes, encore que ... De quoi as-tu besoin ?
- D'un logement pour neuf personnes de 7 à 25 ans et du boulot aussi, ce serait pas mal !
- Descriptif s'il te plait ?
J'allais répondre mais Roy le fit à ma place, comme s'il s'agissait d'une simple formalité, tout à fait normale.
- Deux anglais, un de 19 ans, étudiant d' Oxford et un de 25 ans, sans profession apparente, une petite de 7 ans, une japonaise de 25, scientifique début 20°, des jumelles de 18, universitaires, une pakistanaise, étudiante en Italie de 19 et une américaine, 21 et ...
- Serveuse à Boston
- Je vois, je suppose qu'il s'agit de vous ?
- Exact.
- Bien, j'ai ce qu'il te faut, Reykjavik !
Il laissa son travail et ouvrit un tiroir dont il sortit plusieurs dossiers. Il les tria, fit plusieurs tas et après réflexion en rangeât dans le tiroir. Il en prit un et le tendit à Roy, toujours sans lever les yeux.
- Reviens me voir si tu as besoin ! Je te préviens de toute manière comme d'habitude !
J'étais surprise, comment les choses pouvaient-elles être aussi simples ? Comment cet homme pouvait-il juger sans lever le regard, n'avait-il pas remarqué que Roy et moi n'étions pas de son époque ?
- Reykjavik, va m'attendre dehors, je voudrais parler à Charity avant d'avoir une conversation avec toi !
Roy approuva, me rassura d'un regard et sortit, je le suivis des yeux avant de me tourner vers le mystérieux Bob. Mais que pouvait-il bien me vouloir ? "



En lisant ce sixième message, j'avoue avoir ressenti moi aussi de l'appréhension. Vous connaissez ce sentiment ? Celui d'être en face de quelqu'un sans savoir quoi faire ? La vie offre toutes sortes de rencontres et si j'ai un conseil à vous donner : regardez au delà des apparences

" Je le regardais, silencieuse. Puis pour la première fois, il daigna enfin lever les yeux. Ils me surprirent. Leur couleur était indéfinissable. Des types étranges, j'en avais pourtant rencontré dans le bar où je travaillais, des bons comme des mauvais d'ailleurs. Mais lui, m'intriguait plus qu'autre chose. Ses yeux comme son expression étaient indéchiffrables. Ce dont nous avez parlé Roy me revînt alors en mémoire, était-il un de ses hommes modifiés génétiquement ?
- Je vous effraie ?
Il avait dit cela d'une voix calme mais curieuse.
- Pas plus que ça
- Vous demandez ce que je vous veux, n'est –ce -pas ?
- Je dois avouer que je suis surprise, qu'attendez-vous de moi ?
Il me sourit. Décidément, rien n'était normal chez cet homme.
- Vous savez, c'est assez rare que Reykjavik vienne me voir seul. Non pas que je lui fasse peur mais il sait que de ce fait, je serais moins inquisiteur. Généralement, ce sont des femmes.
- Où voulez-vous en venir ?
- Sur toutes les partenaires qu'il m'a amené et que j'ai vu passé, les unes après les autres, vous êtes là seule à être ainsi !
- A être comment ?
Cet homme me déconcertait. C'était à ne rien comprendre !
- Désinvolte. Certes, vous n'avez que répondre à une question mais si vous saviez tout ce que l'on peut découvrir derrière le son d'une voix. Vous n'avez pas peur de moi, je le sais, car je sais aussi que dans votre courte vie, vous avez vu des bien pires que moi. Vous avez appris à vous battre, à vous protéger.
Je le regardais, surprise et suspicieuse. Sa façon de parler me semblait tellement étrange, mais que savait-il de moi exactement ?
- Vous vous demandez qui je suis, pas vrai ? Oh, ça n'a pas d'importance. Mais moi, je sais qui vous êtes Charity Brown, je sais ce que vous cachez. Je NE révélerais pas votre secret, soyez rassurée. Je veux juste vous demander quelque chose
- Qu'attendez-vous de moi ?
Intérieurement, je commençais à m'effrayer. Mais bon sang, qui était-il ?
- Deux choses
- Je vous écoute
- La première ce que je voudrais que vous protégiez Reykjavik
Je le regardais, surprise, en quoi Roy avait-il besoin qu'on le protège et pourquoi moi ? Pour l'instant, c'était plutôt lui qui me protégeait, j'attendis alors la suite, peut être porteuse de réponse.
- Et la seconde, je ne peux vous la faire promettre mais je vous en conjure, éviter les Convoyeurs !
- Je vous demande pardon ?
- Évitez les Convoyeurs, s'il vous plaît !
- Euh... d'accord, je ferais ce que je peux
Il parut soulagé, j'en fus surprise, je ne comprenais pas.
- Je vous ai assez dérangé, je crois. Je vous laisse partir. Passez-moi Reykjavik ! Bonne soirée, Charity et n'oubliez pas ce que je vous ai demandé !
Il me fit signe de partir. Je m'exécutais, perdue dans mes pensées. J'ouvris la porte, lui jetait un dernier regard approbateur et sortit. Roy attendait appuyé contre le mur. M'entendant arrivé, il se tourna vers moi.
- Carrie, ça va ?



On dit parfois des choses  ont plus de sens qu'elles n'en ont l'air. A l'aube du monde, on voit alors notre vie prendre une autre tournure. Mais ma voix n'est pas forcément celle qu'il faut entendre. On dit souvent que la curiosité est un mauvais défaut mais il se trouve qu'elle est parfois, juste, la solution ...

"Carrie, on ne m'avait pas appelé ainsi depuis des années. Sa voix résonna dans ma tête. L'entendre m'appeler ainsi était étrange. C'était la première fois. Je me tournais vers lui et il plongea son regard dans le mien. Ce qu'il y vît parut l'inquiéter outre mesure. Il s'approcha de moi. Dans la pénombre, je perçu à peine à quel point il était proche. D'un hochement de tête, je le rassurai. Nul n'avait à s'inquiéter pour moi. Je lui dis que Bob voulait lui parler. Il approuva puis hésitant, il finit par me laisser en s'assurant avant que j'allais bien. Je lui répondis que oui. Toujours inquiet, il s'éloigna puis avec un dernier regard me dit qu'il ferait vite. Il entra. Je me retrouvais seule.
 Je pris une place, moi aussi, contre le mur. Comment, comment, cet homme pouvait-il savoir quoi que ce soit sur moi ? La moi du futur était-elle déjà venue le voir ? Mais pour quelle raison ? Et pourquoi dans ce cas, savait-il qui j'étais à cet instant ? Lui avais-je parlé de mon séjour dans le futur ? Les questions, sans réponses, se bousculaient dans ma tête. Mais elles n'étaient pas les seules. Qu'étaient les Convoyeurs, sûrement un organisme de cette époque mais pourquoi devrais-je les éviter ? Avais-je des ennuis avec eux ? Toutes ces questions auraient du me rendre folle.
Et pourtant, celle qui travaillait le plus était celle concernant Roy. Pourquoi Bob m'avait-il demandé de le protéger ? De qui ou de quoi ? Cette question était, à mes yeux, la plus préoccupante. Aussi étrange que cela puisse paraître. Malheureusement, je sentais que j'aurais tôt ou tard la réponse et j'avais peur que ce ne soit trop tard. Les réflexions commençant à me rendre folle, je choisis de les mettre de côté pour l'instant. Je m'enquis à observer les alentours. Des gens allaient, venaient sans se préoccuper de moi. Je me demandais alors ce que les autres pouvaient bien faire en nous attendant. Soudain la curiosité, la mauvaise me vînt. Que pouvait-il donc bien se raconter Roy et Bob ? Celui-ci m'avait bien dit que Roy évitait justement ce genre de tête à tête. La témérité prit le pas sur la raison et je m'approchait de la porte, sans m'y mettre toutefois derrière. Juste assez prés pour entendre. L'oreille tendue, je reconnus les voix et comprit quelques brides de conversation.
De la part de Bobby : « Elle n'est pas ordinaire ......... la situation pourrait être pire qu'avec Karen....... N'aie pas peur, les choses changent....... Je sais que Will te manque....... Tu t'inquiètes trop, elle est beaucoup plus forte qu'elle n'en a l'air »
Et de la part de Roy: « Non loin de là........ Que crains-tu avec les Convoyeurs ?.......S'il le faut, je le ferais..... Arrête tes histoires ! ...... Et s'il lui arrive quelque chose ? »
Avec le sentiment d'en avoir déjà trop entendu, je m'éloignais de la porte. Le cœur dans mes réflexions et de nouvelles questions. Elle c'était moi, j'en étais presque certaine. Restait à savoir qui étaient Karen et Will. L'attitude de Roy à mon égard me perturbait également. La confiance que plaçait Bobby en moi me troublait aussi. Quel point de vue avait-il donc de moi ? Pourquoi les choses ne pouvaient-elles pas être simples ? Toujours perdue dans les tréfonds de mes pensées, c'est à peine si j'entendis la porte s'ouvrir. Roy me parla alors tout prés. Quand avait-il approché ?
- Comment vas- tu ?
- Bien, pourquoi ?
- Simple inquisition
Il m'avait répondu avec un sourire mais il y avait autre chose. Il a appris des choses sur moi, moi sur lui. J'ignorais si nous arriverions un jour à nous parler. Pourtant,à l'instant où il me regarda, je compris que tôt ou tard, le sujet viendrait. Je l'attendrais. D'un signe de tête, il m'amena à le suivre, nous allâmes rejoindre les autres. Ils n'avaient pas vraiment bougé.
Les deux anglais commentaient avec abnégation les tenues des femmes qu'ils voyaient passer. Aya s'amusait avec Mac. Les jumelles étaient accoudées au bar et tentaient de toute évidence de draguer le barman qui restait impassible. Quant à Sae,..... Je n'avais aucune idée de l'endroit où elle se trouvait. Je m'en enquis à Roy qui semblait aussi surpris que moi. Je m'apprêtais à demander à l'un des membres du groupe où elle était, lorsque je la vis. Presque avec un automatisme, je tapais sur le bras de Roy, qui la cherchait toujours du regard. Il me demanda ce qu'il y avait et avec un sourire, je lui montrais où était Sae. Il suivit mon regard et je fus heureuse de constater qu'il était aussi surpris que moi.
 En effet, notre jeune japonaise n'était nulle part ailleurs que sur la piste de danse à s'amuser comme une folle avec un groupe de jeunes androïdes du futur. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle sait très bien danser. Roy et moi éclatâmes de rire, c'était tellement... spontané ! Nous regardâmes, il allait falloir les convaincre de partir. Aussi, nous commençâmes par nous approcher du bar afin de récupérer les jumelles. Sae avait bien le droit de s'amuser encore un peu. Mais alors que nous allions appeler les deux sœurs ...
- VanHeid ? "



Certaines personnes affrontent la vie sans peur et sans reproches. Protégés par leurs secrets, elles ne voient toujours ceux des autres qui pourraient pourtant les mettre en danger. Pourtant, notre vraie nature finit toujours par ressurgir. Au cours de ce huitième message, Charity Brown me laisse entrevoir l'orée de certains secrets. ( Finira-t-on aussi par comprendre le mien ?)

"Roy se retourna surpris. La personne qui s'était adressé à lui était une femme plus très jeune mais au style vestimentaire tout à fait particulier. Roy et elle se regardèrent et je les observais surprise. Lui ne semblait savoir comment réagir.
- Tu ne te souviens pas de moi ?
Roy regarda la vieille femme semblait toujours ignoré ce qu'il devait faire. Il choisit de jouer la carte de la vérité dans la mesure du possible
- Non, je suis désolé !
- C'est normal après tout. Quel age avais-tu ? Quinze ans ? Tout juste ! Enfin, passe le bonjour à ta famille et tiens, Bobby m'a donné ça pour toi !
Elle lui tendit une carte que je jugeais comme étant électronique. Il la saisit, surpris puis en l'observant de plus près sembla comprendre.
- Remercie-le pour moi !
- Je n'y manquerais pas !
Sur ce, elle se retourna et s'apprêta à repartir.
- Au fait ...
Elle se tourna vers Roy, surprise.
- Pardonnez-moi Rozanna. Je ne vous ai pas oublié ! Je n'en serais jamais vraiment capable !
Elle parut sur le point de fondre en larmes puis se retenant, lui adressa un sourire et partit cette fois pour de bon. Roy sembla alors content et presque aussi ému que l'avait été Rozanna. Je le regardais avant de me détourner. Le voir ainsi était une chose à laquelle je ne semblais pas préparée  Roy s'approcha alors de moi et me demanda si nous y allions. Je lui répondis par un hochement de tête. Nous nous retournâmes alors vers les jumelles, toujours accoudées au bar. Le barman toujours impassible se contentait de servir ses clients et de serrer quelques mains au passage.
- Allez, sérieux, répondez ! Vous êtes mariés, c'est ça ? Hein, c'est ça ?
Esperanza continuait de soudoyer ce pauvre barman tandis que Kennedy faisait des moues aguicheuses pour tenter d'attirer son attention. A moitié mort de rire, Roy s'approcha du bar.
- Désolé, Jackson, elles sont nouvelles en ville !
- Oh, ce n'est rien, je commence à avoir l'habitude ! Vous désirez quelque chose ?
- Non ça ira,merci, nous allons rentrer
Sur ce, Roy lui tendit un billet que Jackson accepta avec approbation. Celui s'éloigna.
- Roy, pourquoi tu as fait ça ? Tu nous as gâché notre coup !
Les deux sœurs firent une moue désapprobatrice.
- Je ne vois pas de quel coup, vous parlez !
Il leur tourna le dos puis revint vers elles.
- Au fait, il est bien marié mais avec un homme !
- Oh !
Les deux sœurs parurent gênées avant d'éclater de rire. Roy se tourna vers moi et nous alliâmes prévenir les autres que nous étions prêts à partir, ils approuvèrent. Ne restait alors que Sae, toujours sur la piste. Choisissant cette fois, d'aller la chercher, je la rejoins sur la piste.
Elle m'accueillit, surprise puis sembla ravie. Pour le coup moi aussi, je décidais d'en profiter. Et pour tout avouer, j'adorais les têtes que firent les autres membres de notre groupe. Roy semblait à la fois surpris et amusé. Les jumelles étaient bouche bée et les deux anglais aussi surpris qu' intrigués. Pour tout dire, il y avait bien longtemps que je n'avais pas tout lâché sans avoir peur que l'on me reconnaisse. La nuit aurait pu duré longtemps de cette manière mais il se faisait tard et nous devions rejoindre le logement que nous avait passé Bob. Aussi, lorsque la chanson prit fin, nous rejoignirent le bord et les autres.
Roy me regardait un sourire particulièrement amusé mais sans un mot. Les jumelles, elles, nous regardaient toujours, estomaquées. Je souris.
Nous sortîmes enfin tous et j'entendis derrière moi, les remarques de nos deux californiennes. Je me contenta de sourire. Roy, sans se départir du sien, nous expliqua que nous avions trouvé un logement pour la durée de notre séjour, ici. Tous approuvèrent, satisfaits. Nous repartîmes par le même chemin. Les choses auraient pu se passer tout à fait normalement si ...
Au moment de traverser les routes et avant même que Roy activait le passage. Mac lâcha soudain la main d' Aya et se mit à courir vers la route. Tout aurait pu aller si une femme en voiture, téléphone aux oreilles l'avait vu ...
- Mac, attention !
C'est sans réfléchir que comme il y a cinq ans, je me jetais sous la voiture "

 


Amorphe. Inconscient au monde qui nous entoure, on croit parfois que tout va bien, que la Terre a arrêté de tourner. Combien de personnes, ont eu envie de mourir pour ne jamais se réveiller ? Cela n'a jamais été mon cas. Et je doute que ce soit le sien. Les sensations ont parfois plus de poids que les mots. Alors, non la Terre n'a pas arrêté de tourner sauf peut être ...

" Projetant Mac sur le trottoir en face, ce fut à peine si je sentis le choc. Tout se passa très vite. J'entendis un crissement de pneus et un choc métallique. Je sentis quelque chose de dur et de froid aussi bien sous moi que sur. Je fermais les yeux. Des cris paniqués me parvinrent. A peine. ils étaient confus. Quelque chose de chaud toucha mon front. Un murmure à peine audible vînt à mes oreilles. D'un léger hochement de tête, j'approuvais une question que j'avais juste perçu. Puis avec une douceur que je n'aurais jamais cru possible, je fus soulevé du sol. L'air froid frappa mon visage que je sentis ensanglanté. J'entendis au loin des paroles, des indications. Une voix forte, puissante, assurée. Des ordres. Puis des cris paniqués, ceux d'une femme. Celle de la voiture ? Je sentis du mouvement. L'air frais qui frappait mon visage. Quelques minutes plus tard, ou peut être plus, je sentis sur moi, la chaleur d'une salle. L'odeur m'était familière, bizarre... La voix profonde ordonna de nouveau. Une porte s'ouvrit. Des pas résonnèrent, une autre porte s'ouvrit, se referma. Les mouvements se poursuivirent. Nous avions changé de pièce. Une voix familière me vînt aux oreilles et une autre porte, encore et toujours des portes. Mais où étions-nous ? On me déposa sur un bois froid, je me débattis. A peine. Des mains vinrent se joindre à mon visage et je me calmais. On me posa une question, je ne répondis pas. Je n'y arrivais pas. On me demanda autre chose, je bougeais un peu. J'entendis une exclamation inquiète mais je ne pus y réagir. Des pas s'éloignèrent et revinrent. Un tissu glacé toucha mon front et je me débattis. Le froid cessa aussitôt puis il revînt. Mais doucement, léger, presque appréciable. Je me détendis. On bougea mes jambes, je sentis des douleurs mais ne réagis pas. On détacha mon vêtement, je paniquais. Une main vînt me calmer, son contact était imperceptible et pourtant tellement agréable. On détacha à nouveau mon vêtement mais tellement plus doucement, avec fragilité, je le sentis à peine. Quelque chose de chaud m'effleura, mon cou, ma gorge, mes épaules et le haut de ma poitrine, mais il ne descendit pas plus bas. J'en fus soulagé. On m'étendit entièrement, s'occupa de mes bras, de mes jambes. Je me laissais faire. Cela aurait pu durer des heures, des minutes, je n'avais plus aucune notion du temps. Puis tout se termina et la main revint. Je me souvins alors juste d'une voix qui me conseilla de dormir.

 Lorsque je me réveillais, je n'avais aucune conscience de ce qui avait pu me mener là. Je me concentrais, paupières toujours closes, sur ce qui m'entourait. Mon toucher était tiède. Mes membres semblaient engourdis mais en bon état. Mon nez perçut des odeurs familières, une plus que les autres, à laquelle je n'aurais pas pour autant donné un nom. Mes oreilles perçurent des murmures, éloignés, peut être dans une autre pièce. Retrouvant peu à peu mes esprits, j'ouvris lentement les yeux. Un plafond blanc, lumineux m'apparut. Je clignais des paupières puis tentais de bouger, d'abord mes doigts. Ils répondirent présents. Je levais la tête, lentement, elle était lourde mais ça allait. Je la reposais et la tournais afin d'observer le reste du lieu où je me trouvais. Une partie de cette pièce était vide, seulement une porte. Je me tournais de l'autre côté. Assis sur une chaise, calé sur une table, occupé à une tache que je ne discernais pas, je le reconnus. Reykjavik VanHeidkrüger. Il était superbe. Peu à peu, les souvenirs me revinrent. Mac, la voiture, l'accident, le choc, les lumières, les cris et ... Je repris conscience et par la même m'assit brusquement, trop brusquement. Roy se tourna vers moi, avant de s'approcher. Inquiet, il m'obligea à me calmer et à faire doucement. Paniquée, je lui demandais des nouvelles de notre petite Mac. Il sourit et me répondit que je n'avais aucune raison de m'inquiéter, qu'elle allait bien, que tout le monde allait bien et que je devais d'abord me soucier de moi. Puis tout doucement, il me demanda comment je me sentais. Étourdie et rassurée, je me concentrais. Avais-je mal quelque part ? Non, hormis la tête qui me tournait. Je lui dis que tout allait bien. Il plongea son regard dans le mien. Le décor autour n'eut plus aucune importance, ni même moi. Je hochais la tête, puis il se détacha de moi, apparemment convaincu. J'étais sereine. Il m'annonça qu'il revenait tout de suite et sortit par la porte. Des cris de joie et de soulagement me parvinrent. Je souris. Quel jour étions-nous ? Roy revînt vite, comme promis. Il s'approcha de moi et me demanda si je pouvais me lever. Je posais mes pieds au sol et doucement quittait la table. Je fis quelques pas prudents et approuvais. Il parut satisfait. Il me dit qu'il m'aiderais quand même un peu et qu'il était temps de rentrer. J'approuvais à nouveau et lui demandais combien de temps j'étais restée ainsi. Il me répondit qu'à sa grande surprise, la nuit avait suffit avec une bonne partie de la journée. Il était dix-sept heures. Je fus soulagée, lui surpris. Je m'avançais vers la porte où il me rejoint en me laissant marcher seule avant de me rattraper, il sourit et m'aida à poursuivre. Il me demanda comment je me sentais et je lui répondis que seule ma tête posait problème. Il approuva puis m'aida à ouvrir la porte. Une fois de l'autre côté, je pus à peine voir ce qui s'y trouvait que j'avais déjà quelqu'un sur moi. Je reconnus vaguement une de jumelles puis les deux. Elles étaient très joyeuses et j'en fus touchée. Elles me lâchèrent enfin et je pus voir les autres. Ethan et James parurent sincèrement soulagés et j'en fus une nouvelle fois touchée. Dire que l'on ne s'était jamais inquiété pour moi ... Ayana et Sae me sourirent et je vis enfin Mac, elle avait l'air de bien se porter. J'en fus profondément rassurée. Puis dans le mouvement, nous arrivâmes dehors. Le soleil me frappa au visage mais je l'appréciais, surprise. Il n'y avait pas encore eu de soleil à New York depuis notre arrivée. Je me retournais. Nous étions finalement revenus au bar. Près de l'entrée, je reconnus Bob dans l'ombre en conversation avec Roy puis il partit. Le jeune allemand nous rejoint et invita à monter dans une voiture, sortie de nulle part, les autres accueillirent la chose avec enthousiasme. Il nous fit monter. Le véhicule était vaste. Mais à peine, avions –nous le temps de l'observer en mouvement qu'il s'arrêta. Les jumelles transmirent les réactions des autres «Déjà ?» Roy se contenta de sourire et de sortir de la voiture. Nous étions arrivés. Nous sortîmes les uns après les autres. Kennedy ne pus s'empêcher de demander si nous reprendrions la voiture. Il éluda. Nous entrâmes dans le grand bâtiment que nous faisait face. N° 613. Nous étions arrivés. "



La vie ne cesse de nous surprendre. Je doute même que les meilleurs voyants du monde soient aptes à en connaitre toutes les subtilités. Ma vie fut pleine de surprises mais elle n'est pas le sujet. Aussi c'est l'âme au bord du cœur que je vous laisse lire le 10° message que m'a adressé Charity Brown.

" Nous sommes tous rentrés, les uns après les autres. Roy et moi fermant la marche. Tous, nous regardâmes les lieux. L'appartement était composé d'une grande pièce principale à laquelle était agencée plusieurs autres pièces. Les jumelles toujours aussi excitées, visitèrent une à une chacune des pièces, lâchant des commentaires et autres exclamations par-ci, par là. Bientôt nous sûmes tous ce qui se trouvait dans chacune d'elles. Neuf chambres, une salle de bain, une cuisine et un salon. Enquises de ma guérison et de la joie d'avoir trouver un logement, les deux jumelles souhaitaient faire la fête, envisageant même une pendaison de crémière dont elles ignoraient bien évidemment les invités. L'après midi était bien entamée. Toujours aussi excitées, les deux envisagèrent alors d'aller visiter New York après le repas. Face aux diverses et multiples idées de deux californiennes, Roy se contentait de sourire. James vînt alors rappeler au deux jeunes femmes qui avaient le don de le surprendre que bien que debout, ma convalescence n'était pas terminée. C'est alors vers moi, que les deux sœurs se tournèrent.
- Désolé, Charity !!! Qu'est ce qui te tente ?
Pour tout avouer, j'en fus prise au dépourvu.
- Euh, j'en sais rien mais si vous avez envie de sortir, je ne pense pas que ce soit un problème ! Au pire, je peux rester seule !
- Ca, c'est hors de question. Tu ne resteras pas seule . On sortira, uniquement si tu peux sortir.  Les jumelles ?
La sollicitude de Roy me surprit presque autant. Mais c'est une chose qui bien qu'inhabituelle me plut beaucoup
- Nous, ça marche !
Roy approuva.
- Peut être, avant, je pense qu'un repas ne serait pas de trop !
L'intégralité de notre groupe approuva. Je m'en voulus presque de les avoir privés. De but en blanc, notre jeune allemand se rendit en cuisine, surprenant les femmes que nous étions (on a beau dire à notre époque, les partages des taches domestiques et les hommes aux fourneaux, c'est pas encore très répandu !!). Aussi, la plupart envisagèrent de s'installer dans les différentes chambres en attendant. Pour ma part, je le rejoins en cuisine.
Je fus surprise par la vitesse vertigineuse à laquelle il semblait se déplacer et exercer sa tache. Mes sens devaient être brouillés ! Me voyant arriver, il se dirigea vers moi, toujours aussi rapide . Ma surprise parut l'amuser. Puis l'air peu gêné, qui m'étonna venant de sa part, il me demanda :
- Dis-moi, tu t'y connais en cuisine de l'époque ?
Sa question et sa gène me firent sourire, tandis que lui se mit à rougir de plus belle. Dire que je n'aurais jamais cru ça possible. Il en était presque craquant (pourquoi presque ?) Je lui répondis toutefois.
- Si tu parles du début du siècle, je te dirais presque que c'est mon domaine, par contre, je ne suis pas sure de satisfaire nos deux anglais !
Il sourit.
- Je pense que ça devrait quand même convenir !
- Alors qu'est ce qu'on attend !
Il me regarda intrigué et apparemment surpris par mon enthousiasme
- Tu veux cuisiner ?
- Bien sur, mais on va faire ça à deux, si tu veux bien ! J'ai beau m'y connaître en cuisine traditionnelle, les nouvelles technologies c'est pas trop mon truc pour le moment !
Mon entrain sembla lui plaire, il sourit et nous nous mimes en route. Il me montra les différents appareils dont il connaissait l'utilisation ainsi que les ingrédients que nous avions à notre disposition. Peu de choses en fait mais je fus déjà étonné que les placards fussent remplis. Décidément, Bob prévoyait vraiment tout. Je démarrais mon ouvrage, Roy sur les talons. Il suivait mes gestes et mes instructions avec une aisance et une application qui me surprirent mais me firent plaisir. J'eus quelques mésaventures mécaniques mais les choses n'eurent pas le temps de s'aggraver. Ce fut à peine si je vis le temps passer. Nous terminâmes enfin et invitâmes les autres à s'installer à l'imposante table de la salle à manger. J'accueillis avec plaisir les commentaires satisfaits de nos convives, Roy ne dit rien mais je savais que lui aussi appréciait. Aussi, me retrouvant pour la première fois assise à côté de nos anglais du passé, je m'intéressai enfin un peu plus à eux et me rendit qu'au final, je n'avais réellement fait connaissance avec aucun des membres du groupe- excepté Roy. James dissertait auprès d'Ethan de sa vision des repas en assemblée comme il en avait connu chez lui. Le contact entre ces deux –là semblait bel et bien établi. Les deux hommes s'entendaient autant que je puisse en juger à merveille. James m'intégra soudain à la conversation et je l'écoutait d'une oreille attentive. Loin d'être barbant ou discourtois, le jeune noble était plutôt drôle et intéressant. Je fus heureuse de voir que contrairement à l'idée que je m'en faisais, il n'était pas un bourgeois avec ses petites manières. Il me félicita pour ma cuisine mais je préférais déclarer que ma responsabilité n'était entière dans cette affaire. Il parut surpris, puis paraissant comprendre, il se tourna vers Roy qu'il congratula également. Ethan se tourna vers moi et me demanda comment je me sentais ici. J'appréciai l'attention, surtout que c'était la première fois, qu'il me parlait. Je lui répondis alors que la vie serait peut être meilleure ici, que chez moi. Il parut intrigué et comme j'avais pu m'en douter me questionna.
- Tu sais, dans mon époque, les gens sont ... comment dire... distants. Je ne fais partie d'aucune communauté et je n'ai pas vraiment d'ami. La seule chose qui me fait sortir de chez moi, c'est le boulot
- Tu travailles ?
- Euh, oui, les femmes se sont mises à travailler, un peu, pour subvenir à leurs besoins quand personne d'autre ne peut le faire.
Il parut comprendre puis d'un air finalement toujours intrigué, il poursuivit :
- Tu n'es pas mariée ?
- Euh, non, je n'ai pas ... comment dire trouvé l'homme qui convenait
- Oh, je vois ! Mais tu sais, je suis sure que ça viendra !
- J'espère !

Inconsciemment mon regard partit dans le vide ... "


Au cours des derniers jours, j'ai eu l'occasion de réfléchir. Relire ces messages m'a permis de me poser des questions sur la véritable teneur de certaines de nos idées. Par exemple, nous avons tous notre opinion sur le mariage. Je vous laisse découvrir la leur mais vous, quelle est la votre ?

" L'homme qui convenait ... Je l'avais déjà rencontré. Je m'en souvenais comme d'hier. Il s'appelait Heath. Mon bel Heath ! Nous avions 18 ans, et même si ce n'est pas si loin, nous étions encore insouciants. Mais il rêvait d'une carrière, il rêvait de gloire. Alors il s'était engagé, dans la Navy . Les premiers mois, j'étais inquiète, mais j'y croyais. Je connaissais son courage, celui qui m'avait permis de le rencontrer. Puis, il était parti, en Irak. Nous étions restés en contact et j'attendais chaque jour avec impatience le moment où il me reviendrait. Redoutant alors chaque fois, son départ. Mais un jour, il n'est pas revenu. Il avait un ami, le seul de ceux que je connaissais, il était comme son frère. Il savait qui j'étais. Ce jour-là, j'avais cru vouloir tout détruire. Ryan était venu un matin, je fus étonné de le voir, il venait rarement, sans compter que ce n'était pas lui que je voulais. Mais j'avais du m'en contenter. Pourtant, j'avais su, su que cette visite n'augurait rien de bon, que l'expression de son visage aurait du m'anéantir toute entière. Il m'avait alors regardé, son regard d'excuses et ses yeux encore plein de larmes, me dirent ceux qu'il y avait à savoir. Lorsqu'il m'avait parlé, je l'avais à peine entendu, la vérité avait résonné en moi. C'était insupportable. J'avais par la suite appris qu'il était mort en héros, qu'il avait reçu la Silver Star à titre posthume. Il en aurait été fier, quel homme mort à la guerre n'avait pas rêvé de mourir en héros ? Puis la vie avait repris son cours, comme toujours. Il n'y en avait pas eu d'autres. Et même si à ce jour, je savais que je n'en étais plus amoureuse, je gardais son souvenir aussi précieusement qu'une petite clé. Espérant un jour voir un autre homme ouvrir la porte de mon cœur. 
Lorsque James demanda à Ethan, ce que j'avais, je fus tirée de ma réflexion. Roy s'était alors tourné vers moi, inquiet. Je lui souris pour le rassurer. Il sembla l'être. Je me tournais alors de nouveau vers Ethan et James. 
- Et vous, Ethan, vous êtes mariés ?
Il parut surpris puis me sourit.
- Pas encore
Je lui souris également et me tourna vers James
- Et vous, James ?
- Oh, moi, point encore, mais ça ne saurait tarder ! Je suis fiancé 
- Mes félicitations !
- Merci.
Il parut triste. Sa fiancée lui manquait-elle ?
- Ne vous inquiétez pas, vous la reverrez bien assez tôt !
Il parut surpris. Je le fus alors moi aussi
- Oh, ce n'est pas le problème, voyez-vous. C'est juste que je ne l'apprécie pas vraiment !
- Vous allez épouser une femme que vous n’aimez pas ?
- Oui, j'aurais préféré pouvoir l'apprécier, mais pour le moment ce n'est pas le cas, ça arrive parfois, on ne tombe pas forcément sur la bonne personne. On finit par s'y faire c'est comme tout.
J'étais choquée, puis son époque et son rang me revinrent en mémoire, il était noble, au 19° siècle. 
- Je comprends, mais je trouve ça un peu injuste 
- La vie n'est pas toujours juste, malheureusement 
- C'est vrai !
- Mais il faut reconnaître qu'elle réserve parfois de drôle de surprises !
- C'est vrai aussi !
- J'aurais jamais imaginé même dans mes ambitions les plus folles, me retrouver aussi loin de mon époque, au côté d'un de mes descendants !
- C'est vraiment étrange quand on y pense que Roy et vous soyez parents !
- C'est étrange, en effet mais j'en suis très heureux ! Il fait un très digne successeur !
L'idée de Roy en noble me fit sourire. Mais après tout, qu'en savais-je ? Peut être dans son époque, respectait-il quelques codes ?
- Ah le mariage, je ne suis guère envieux de le faire !
Je souris
- Eh bien, moi, le jour où je me marierais, il est pas près d'arriver !
Espe avait visiblement entendu la conversation. Venant d'elle cette déclaration ne m'étonna pas.
- Pourquoi donc, les hommes t'auraient-ils déjà brisé le cœur ?
Sae se mêla à son tour à la conversation à laquelle les autres prêtèrent désormais attention.
- Mais non Sae, ce que ma chère sœurette veut dire ce que le mariage c'est un peu dépassé ! Tu t'imagines enfermer toute ta vie avec le même homme !
Espe et Sae accueillirent les propos de Kenny en riant, Roy ne pus s'empêcher de sourire. Mais si James et Ethan parurent étonnés pour la plus grande hilarité des autres, Aya pour sa part parut un peu gênée. Espe finit par le remarquer.
- T'inquiète Aya, on a rien contre le mariage et les gens qui se marient ! C'est juste que nous, ben, ça nous intéresse pas !
Aya approuva mais semblait toujours gênée. Espe reporta son attention sur sa sœur. Ce fut Mac qui donna son avis
- Eh, bien, moi, quand je serais grande, je me marierais et j'aurais six enfants !
Nous accueillîmes tous ses propos en riant. Elle était trop mignonne
- Excellente initiative ma chérie !! Mais dites, qui à l'intention de se marier parmi vous ?
Kenny avait posé la question et nous fumes tous un peu pris de court. Ethan, James, Aya, Sae et Mac répondirent cependant par l'affirmative. En réalité, le seul dont on ignorait la réponse était Roy (une fois de plus). Ce qu' Espe sembla remarquer. 
- Et toi, Roy tu ne veux pas te marier ?
Roy lui répondit par un sourire.
- Et qui te dit que ce n'est pas déjà fait ?
Il avait dit ça sur un ton sarcastique, amusé. L'une comme l'autre ce n'était pas certainement pas la réponse à laquelle nous aurions pu nous attendre. Espe parut surprise puis gênée. Je fus moi-même étonnée et presque triste, pour une raison que je n'identifiais pas.
- Désolée, c'est juste que ...
La jeune californienne ne savait plus que dire. Roy se mit à rire
- Y a pas de mal !
Le repas touchait à sa fin. Tandis que j'étais pleine de questions. La Karen dont avait parlé Bob, avait-elle un lien ? Roy se leva alors pour nous annoncer qu'il était peut être l'heure d'aller se coucher pour peu que la journée du lendemain soit bien remplie. Les autres approuvèrent et se dirigèrent un à un vers les chambres avec entrain. Je me levais en silence pour me diriger vers l'une des seules encore libres, pleine de doutes et de questions sans réponses."


Les questions. Elles ne s'arrêtent jamais. Le fait de remettre en question tout ce qui nous entoure nous permet chaque jour d'avancer. Par exemple, je ne cesse jamais de ne me demander pourquoi ? Pour quelle raison reçue-je ces messages ? Qu'est ce qui a donc poussé Charity Brown à m'envoyer les traces de son histoire ? J'ignore si j'aurais un jour la réponse. En attendant je laisse passer le temps, liant les images aux mots, que je vous laisse lire.

" J'avais hérité de la chambre la plus à l'ouest de l'appartement. Le lit était confortable. J'avais entrepris de me déshabiller, jetant mes vêtements dans un coin de la pièce et je m'étais couchée. Tout était calme et ce fut à peine si j'entendis quelques murmures au travers des murs. J'avais beaucoup dormi dans la matinée. Aussi je n'étais pas fatiguée. J'eus alors tout loisir de me pencher sur mes réflexions. Mais plus j'y pensais, plus elles m'étaient insupportables. Énervée, je m'étais relevée, cherchée de quoi me rhabiller. J'avais besoin de prendre l'air. Je remis mes chaussures et sortit de la pièce. L'appartement était sombre et vide. Tous dormaient sans aucun doute. Je me demandais dans quelle chambre il pouvait bien se trouver. Je verrais cela en revenant. Prudente et silencieuse, je me dirigeais vers la porte d'entrée. Je l'ouvris lentement et la refermai tout aussi doucement derrière moi. Le couloir de l'immeuble était sombre, une légère lueur semblait parvenir de l'extérieur par l'unique fenêtre présente. Je regardais autour de moi. J'avais pensé prendre l'escalier bien qu'étant étonné qu'il y en ait encore dans ces bâtiments. Une autre histoire de revendication ? Puis mon regard fut attiré vers une autre issue. Un petit panneau rouillé indiqué que l'autre escalier permettait d'accéder au toit. Plus tenté par le fait de voir New York des toits que de me promener dans ces rues à pas d'heures, je le pris. La rambarde était en acier mais les escaliers, eux, étaient faits de marbre. Enveloppée dans le silence, je montais les marches, une à une. Je sentais la fraîcheur de la nuit émerger de la hauteur mais je n'avais pas froid. L'escalier semblait sans fin.
Mes questions vinrent reprendre le dessus. Avais-je remarqué une alliance à la main de Roy ? Je n'en avais pas le souvenir. Mais il arrive que parfois, certaines choses que nous avons en nous, ne soie,t pas visibles. Moi, par exemple. Je n'étais pas une simple serveuse de Boston. Ma vie était beaucoup plus mouvementée que ça. Pas forcément intéressante. Mais tout de même, mon histoire ne s'y résumait pas. Après tout, nous avions tous des secrets. Je m'en voulus d'avoir espérer quelque chose que je savais déjà impossible et insensé. Pourquoi cela me dérangeait –il autant ? Le voyage avait-il eu dans ma vie un autre impact que celui d'anéantir ma solitude ? Les visages de mes compagnons d'infortune me revinrent alors en mémoire.
La petite Mackenzie. Je me demandais alors comment une petite fille pouvait être aussi forte pour supporter à ce point, l'absence de ses parents. Après tout, j'en savais quelque chose. Ce voyage dans un autre univers était-il pour elle, seulement un nouveau jeu ? Ou peut être simplement, qu'elle était une petite fille sage et intelligente ? Et puis, il faut dire qu' Ayana comme Sae s'occupait bien d'elle. J'osais espérer que rien alors ne viendrait ternir son innocente vision du monde. Nul enfant ne devrait avoir à souffrir de quelque manière que ce soit. Je savais toutefois que nous viellerons tous à ce que les choses se passent bien la concernant, le temps que durera cette histoire. Nul ne devra enlever le sourire que règne pour le moment sur le visage de notre petite anglaise aux yeux de perles.
Ayana. Notre jeune pakistanaise, fiancée. Visiblement très attachée à celui-ci. Pour elle aussi, ça devait être dur. Je n'étais pas sure qu'elle soit fait des amis parmi les membres du groupe. Sae semblait quand même s'entendre avec elle, peut être à cause de leur origine qui les éloigner de la vie américaine comme c'était le cas pour nos deux anglais. Elle passait le plus clair de son temps avec Mac. Je devrais tenter de lui parler un peu plus à l'avenir.
Sae. Notre scientifique japonaise. Des secrets, elle en avait sûrement aussi. J'aimais le calme avec lequel elle abordait notre condition. Nul que Roy et elle finiraient par s'entendre à merveille. Ils étaient tous les deux, si sereins, si surs d'eux. Sae semblait tout de même moins réservé. La soirée dernière sur la piste avait suffi à m'en convaincre. Elle est sûrement de celle qui nous causera le moins de problèmes.
Nos deux jumelles blondes. D'un enthousiasme débordant que semblait amuser les garçons de notre groupe. J'ignorais pourquoi mais je savais que j'allais finir par m'entendre avec elles. Vives, drôles et carrément déjantées quand on y pense, il suffit de les regarder, elles le portent sur elle. Mac aussi, semble bien les aimer. Elles la font rire, comme nous tous d'ailleurs. J'aimerais croire qu'elles ne finiront pas par faire une bêtise. Leur excitation bien que compréhensible est tout de même un peu trop débordante. Mais cela seul l'avenir nous le dira.
Ethan. Ce jeune étudiant d' Oxford d'après guerre, que j'avais appris à connaître un peu mieux au cours de la soirée. C'était quelqu'un de bien sans aucun doute. James et lui semblent bien s'entendre et c'est une bonne chose. Ils venaient pourtant chacun d'époques bien différentes. Celle d' Ethan ayant connu les deux guerres mondiales. Même s'il faut reconnaître que le monde dans lequel nous étions était beaucoup plus différent. Le fait d'être deux anglais aux États-Unis a peut être joué aussi. Je souriais encore de l'expression qu'il avait affiché lorsque je lui avait dit que je travaillais. Le fait qu'il vienne d'un milieu bourgeois y avait sûrement ajouté. Qu'est ce que cela serait avec James ?
James Patrick, justement. Je l'ai trouvé réellement ouvert pour un homme venant de si long. Son éducation y était peut être pour quelque chose mais je ne pouvais m'empêcher de le trouver particulièrement tolérant. Comme Ayana, il était également fiancé. Mais pour un mariage non désiré. J'en venais à espérer que sa future épouse ne soit pas épouvantable. Je me promis de chercher à savoir ce qu'il sera devenu lorsque je serais rentrée dans mon époque. Pourtant contrairement à Ayana, je n'avais aucune envie de rentrer.
Le huitième visage et le plus parfait à mes yeux y était peut être pour quelque chose. Reykjavik VanHeidkruger, jeune allemand qui était sûrement bien plus que ça. Plus ça venait, plus il me captait. Peut être en était-il aussi responsable ? Après tout, qu'il le veuille ou non, il avait quelque chose en lui de magnétique. Une autorité naturelle, je dirais. L'était-elle vraiment ? J'en venais à trouver des airs de famille avec James, son ancêtre. Son côté noble paraissait ressortir dans les moments où comme dans la soirée, il avait pris à contre-pied la question d' Espe. Je soupirais. Mes illusions de jeune fille modeste allaient me perdre, tant elles étaient absurdes. Il était marié, et il allait falloir que je m'y fasse.
 Les marches avançaient encore. Je vins à penser que cet immeuble était peut être immense. Cela semblait sans fin. Et pourtant, la lumière vint à filtrer. Je m'approchais de la porte. Elle semblait lourde. Aussi, je pris toutes les précautions du monde pour l'ouvrir sans bruits, ni fracas. Lorsque j'y parvins enfin. Le vent froid me frappa en plein visage. Fermant les yeux, instinctivement, je sentis la fraîcheur s'insinuer en moi. Lorsque j'ouvris les yeux, je pus voir à quel point New York ,des toits, était magnifique. Je promenais mon regard au travers des lumières de la ville. Toutes semblaient d'une puissance déroutante, les couleurs étaient éblouissantes. Au cœur de la vue, je pus apercevoir la côte. Celle qui menait vers l'Europe. Autant que je puisse en juger, cette chère Statue de la Liberté était toujours présente, imposante. L'horizon m'attirait. Je n'étais jamais partie de l'autre côté. Le pourrais-je un jour ? Je l'ignorais bien sur. La vue était splendide mais le froid commença à se faire sentir. Je pensais que j'aurais du prendre un double supplémentaire. Je continua de promener mon regard et entreprit de bouger pour ne pas finir complètement glacée. J'aperçus alors une silhouette à l'orée du toit. Non loin des tréfonds de New York. Inconsciemment, je fus ébloui par le tableau. C'est alors que je compris qu'elle m'était bien trop familière. Peut être m'entendit-il approcher, il se retourna vers moi et me sourit. "


On croit parfois à certaines choses. Même si nos sources sont fausses ou erronées, on peut s'entêter dans des idées qui, au final, sont différentes voire contraires. Par exemple, j'ai personnellement longtemps pensé que l'homme dont j'étais tombée amoureuse était un imposteur. Mais j'ai bien vite appris qu'il avait autre chose et qu'au final je m'étais trompée du tout au tout. Pour ceux qui se demandent ce qui s'est passé ensuite, sachez que cet homme est aujourd'hui mon mari. Dans le cas de Charity Brown, je dirais qu'il faut regarder au-delà des apparences. 

" J'aurais du lui parler, les mots refusaient de sortir de ma bouche. Il était fait pour vivre la nuit. Ma présence ne parut pas le déranger, ni même le surprendre. Les lumières semblaient parfaitement s'harmoniser avec les formes de la nuit et lui aussi. Je ne fis pas un mouvement, hypnotisée par la pénombre et les artifices de la lumière de New York. Je le vis rire légèrement puis commencer à s'approcher de moi.
- Tu n'as pas froid ?
Je ne sus que lui répondre. Mais à bien y réfléchir, oui, j'avais froid. Avant même que je ne lui réponde, il se débarrassait déjà de sa veste pour me la tendre. Comme la dernière fois. Je la pris et m'enveloppais à l'intérieur. Elle était chaude. Je lui rendis son sourire. Il me regarda doucement. Je mis un temps pour me souvenir pourquoi j'aurais du être gênée.
- Merci ! Mais je ne pense que ta femme apprécierait !
Il me regarda, surpris puis se mit à éclater de rire. C'était incompréhensible ! Qu'y avait-il de si drôle ? C'était la vérité après tout ...Non ?
- Pour ça, il faudrait déjà que je sois marié !
Je ne comprenais pas. N'était-ce pas pourtant ce qu'il avait déjà quelques instants plutôt ? Je le regardais, réticente.
- Tu y as cru ?
Oui, j'y avais cru. Pourquoi, je n'aurais pas du ?
- Oui ...
Il se remit à rire.
- Carrie, je ne suis pas marié
- Vraiment ?
- Oui !
Mon étrange inquisition et mes doutes parurent l'amuser.
- Et toi ?
C'était la question à laquelle, je n'étais pas attendue. Aussi, je lui répondis comme je l'avais fait avec Ethan. La même réponse désespérante.
- Non, je ne suis pas mariée.
Il acquiesça. Je continua toutefois, sans pouvoir m'en empêcher.
- Pour ça, il faudrait déjà que l'on veuille bien de moi !
Il rît, de nouveau.
- Pourquoi ne voudrait-on pas de toi ?
Cela semblait lui paraître absurde. Ça me plaisait.
- Parce que je ne suis pas intéressante. Qui voudrait d'une simple petite serveuse de Boston dont la vie sans intérêt se résume au boulot et son logement, où elle se contente, soit dit en passant, de dormir ?
- Ta vie n'est peut être pas intéressante, certes. Mais, je ne crois pas que toi, tu sois sans intérêt.
J'en vins à le regarder dans les yeux. Ils ne reflétaient nul mensonge. Je souris, j'en étais heureuse.
- Tu pars trop vite en besogne !
- Pourquoi donc ?
Je ne sus que lui répondre. Je baissais les yeux.
- Carrie ?
Je relevais instinctivement la tête.
- Suis-moi !
Ce que je fis. Il m'amena là où il s'était trouvé, à l'instant précédent, lorsque j'étais arrivée. La vue était encore plus impressionnante. Tout semblait se mouvoir, la ville était incroyable. Les immeubles se rejoignaient dans une mouvance de couleurs, de formes et de lumières. Je doutais que New York fusse comme ça à mon époque. Je ne me rappelais que trop les récits que j'avais de la métropole du temps où j'étais serveuse. La ville était souvent objet de fascination, de folie. Mais je doutais que ces gens-là continueraient à parler d'elle de cette manière, si ils la voyaient telle que je la voyais. Quel sentiment approuverais-je, lorsqu'en rentrant chez moi, que je devrais reprendre mon travail ? Je sentis le regard de Roy sur moi. Aussi, je me tournais vers lui. Il me regardait inquiet mais serein. Comme simplement intrigué. Connaissait-il tellement cette vue pour en venir à m'observer ? Hésitant mais toujours serein, il me demanda :
- Et si tu me disais un peu ce qui te préoccupe ?

Je plongeais mon regard dans le sien. En quoi mes préoccupations pouvaient bien l'intéresser ? Pourtant, je sentais au fond de moi qu'il était tant que je parle. Pas forcément que je dise tout, juste que je dise quelque chose, que j'abatte ne serait-ce qu'une barrière. Pourquoi lui ? Peut être parce que je savais au fond de moi,qu'il est de ceux à qui l'on peut faire confiance, qu'il y avait peut être une chance qu'il comprenne le fond de ma pensée.
Le cœur poignant dans ma poitrine, je m'assis sur le rebord du toit, le regard dans le vide. Il suivit le mouvement et attendit patiemment. Je lui jetais un bref regard et commença mon récit :

- Je suis fille unique. Je n'ai jamais vraiment eu d'amis et je n'ai pas tenté d'en avoir. Comme je te l'ai dit précédemment ma vie se résume à mon travail. Je suis serveuse dans un petit pub de Boston. Mon patron, Arthur est plutôt quelqu'un de gentil, il est sévère mais il respecte ses employés. Je le connais depuis une éternité. Peut être même est-il la personne à laquelle j'ai le plus de lien aujourd'hui. Et ils sont strictement professionnels. A une époque, j'ai eu plus, mais c'est terminé. Alors désormais les seuls que je possède sont ceux avec les clients. Le reflet du monde. Je rencontre toutes les couches de la société. Les riches, les pauvres, les moins pauvres. Les hommes d'affaires qui viennent tous les jours à heure fixe pour leur café. Les étudiants qui viennent le soir avant leur soirée ou après les cours. Les intellos comme les marginaux. Les gens qui n'ont rien à faire et qui restent au comptoir toute la journée. Ceux qui préfèrent une table; Ceux qui terminent leur nuit, ceux qui commencent leur vie. Les habitués que je vois tous les jours, qui me remarquent un peu. Dont je connais les habitudes par cœur et pour lequel les mots ne sont pas nécessaires. Les Dom Juan que j'envoie promener à longueur de journée. Ceux qui ne daignent même pas lever un regard. Ceux qui lisent le journal et commentent les nouvelles. Ceux qui viennent suivre le dernier match pour revenir le commenter le lendemain. La mère de famille débordée, l'artiste déprimée, l'écrivain en manque d'inspiration, la vieille concierge du quartier, les vieux sages et autres philosophes. Certains parfois sont intéressants et particulièrement instructifs. Des gens de toutes les nationalités, de tous les revenus. Tous ces gens, vois-tu, je le connais tous, mieux qu'eux même parfois. Je connais leurs gestes, leurs habitudes, leurs demandes, parfois même avant qu'ils ne les formulent. Mais moi, nul ne me connaît, nul ne connaît ma vie, mon histoire. Nul ne vient se poser de questions. Je ne demande pas à attirer l'attention, loin de là !!! La seule chose, que je pourrais demander c'est qu'il est quelqu'un, ne serait-ce qu'une personne, qui un jour en vienne à se demander comment je vais. Juste ça, rien de plus, qu'il y ait un jour, une personne sur cette Terre que mon existence ne laisse pas de marbre. Je ne dis pas que je suis malheureuse, que je suis forcément insignifiante, non je n'ai pas une opinion particulièrement piètre de moi (je ris légèrement) C'est juste que jusqu'à présent, c'est la seule description de moi qui m'ait apparu. Est-ce vraiment trop demander ? (je marquais une pause et repris) Quand je vous ai vu, ce matin, tous à m'attendre, inquiets. Je n'ai pas vraiment compris. C'était tellement inhabituel ! Je me demande, parfois, si ce n'est pas simple courtoisie, parce que j'ai sauvé Mac. J'espère me tromper, bien sur. L'espoir n'est jamais vraiment mort. Je ne pouvais faire autrement de toute manière. C'était instinctif ... Je connais le monde, mais lui ignore tout de moi. Rares sont les personnes qui possèdent encore aujourd'hui des pièces du puzzle, et je doute qu'il y en ait encore que l'histoire intéresse. Voilà, ce que je suis Reykjavik, juste une serveuse de Boston sans attaches.

Il m'avait regardé pendant tout mon récit. Je doutais qu'il eut à un moment donné détaché son regard de moi. Je le sentais encore intense sur ma peau. Je ne lui avais pour ma part, jeté que de brefs coups d'œil. Il ne dit rien, laissant le silence s'installer. J'en fus un peu gênée mais sereine. Je doutais avoir par le passé tenu discours aussi long. J'en fus heureuse, soulagée. J'eus un bref sourire d'extase et je me tournais vers lui. Sans m'y attendre, je plongeais mon regard dans le sien. Ce qui j'y vis me transporta. Nul ne m'avait jamais regardé de cette manière, jamais. Un homme pouvait-il réellement regardé de cette manière ? J'étais troublée mais heureuse. Pouvait-il être cette personne ? Il détacha son regard du mien, me rendit ainsi mes esprits. Lorsqu'il parla enfin, ce fut d'une voix douce et profonde, troublante.

- Charity ... Carrie ... Ton histoire, je dois dire, me trouble. Fut-il possible que nul être sur cette Terre n'eus-tu jamais remarqué ? N'eut jamais éprouver quelque intérêt à ton égard, ne serait-ce que celui de te protéger ? Tous les êtres de ton époque seraient-ils donc aveugles ?

Je le regardais, circonspecte. Put-il, lui, éprouver quelconque intérêt à mon égard ? Je sentis des larmes montées à mes yeux . Il me regarda alors, de nouveau.

- Carrie, sais-tu que parmi tous ceux que nous étions ce soir-là , tu fus la première à avoir attirer mon attention. Tu avais froid, tu étais perdue, et pourtant à ce moment-là, la seule chose qui t' importée était la petite Mackenzie. Que tu n'avais pourtant jamais vue. Crois-moi, rares sont les gens aptes à la générosité à ce point, comme hier ...
Il baissa les yeux, revoyant sans doute la scène qui m'avait amené à rencontrer une voiture d'un peu trop près. Il releva soudain le tête et plongea son regard, triste, bouleversé dans le mien. Je ne compris pas.

- Carrie ... J'ai eu peur ... Peur que les blessures que l'on t'ait infligé soient irrévocables. Tu t'es demandé si un jour il y aurait quelqu'un qui se soucierait de ton existence. Sache que j'aurais probablement du mal à supporter qu'il t'arrive quelque chose. Je sais, pour le peu que je te connais, que tu n'es pas du genre à faire des histoires. Voies-tu, c'est peut-être égoïste venant de ma part, mais je doute que je serais capable de m'occuper des autres, si tu n'étais pas là . Tu penses que tu n'es pas indispensable ? Tu te trompes. Tu l'es. L'équilibre de notre groupe, la raison pour laquelle aucun de nous n'est devenu fou, moi compris, c'est toi ! Crois-moi , je doute que l'inquiétude que tous ont manifesté tout à l'heure, soit seulement du à la courtoisie.

Son regard se calma, tandis que j'y restais complètement perdue. Ces mots pouvaient-ils être vrai ? Y avait il donc sur cette Terre une personne que j'intéressais bien sur, il y avait eu Heath et lui à une époque mais c'étaient bien les seuls et c'était tellement loin ? Je ne me faisais aucune illusion toutefois. Mais, il n'empêche que si j'avais su que je mettrais Roy dans cet état, j'aurais peut être été plus prudente. J'étais heureuse, confuse mais heureuse, qu'il éprouve un quelconque sentiment à mon égard. Qu'il puisse y avoir des gens que j'intéressais finalement. Plus que jamais je souhaitais que soit retarder notre retour dans le passé. Ce voyage déconcertant et inattendu avait donné un sens à ma vie. Son regard vint s'empreindre de douceur et il sourit légèrement. Il était magnifique. 
- Tu te poses des questions sur moi , pas vrai ?
Son ton était curieux comme ses yeux désormais.
- Je dois reconnaître que oui
Comment ne pas l'admettre ? Il était tellement hors norme, tous les hommes de son époque étaient-ils ainsi ? Il me regarda, sembla réfléchir, puis prendre sa décision. Aussi ce fut avec un sourire sur ses lèvres magnifiques qu'il me dit :

- Tu m'as l'air d'être une personne de confiance. Tu t'es confié à moi. Une part de vérité ne devrait pas faire de mal ... Je pense pouvoir te dire qui je suis. "


Il est sur cette Terre des individus dont la présence a fait changer le cours des choses. Ces individus voient leur histoire gravée dans le marbre et leur mémoire perpétuée. Ces individus-là sont pour la plupart des héros. Ils ne sont pas d'ailleurs là où on les attend et ils ont parfois ce talent pour créer du mystère. Dans ma vie, j'ai eu l'occasion d'en rencontrer. Et si c'était les mystères qui faisaient les héros ?
 
" Je le regardais, surprise. Captivée. Allais-je enfin découvrir qui se cachait derrière le masque ? Je me doutais que ce n'était pas ce soir-là que j'apprendrais tout. Après tout, les éléments de mon futur étaient peut être des outils de son passé qu'il ne pourrait me révéler. Mais qu'importe, l'idée, qu'il me fasse confiance, ne baisse ne serait-ce qu'un peu les armes me suffisait. Je l'observais. Qu'il me fasse confiance me plaisait. Je lui souris, comme pour l'encourager. Il prit une inspiration, me regarda puis les yeux au loin, il démarra : 
- Je ne pourrais pas tout te dire. Tu t'en doutes. Des aspects de l' Histoire sont impliqués dans la mienne et je ne puis te les révéler pour ne pas perturber la tienne. 
Il me jeta un regard. J'approuvai. Il sourit
- Je ne suis pas préoccupé par l'opinion que l'on a de moi. Pendant longtemps, j'ai été considéré comme le fils de (Il rît légèrement) Je pourrais te dire pourquoi mais je doute que tu comprennes. Un jour peut être, y repenseras-tu .... (Ca serait le cas, je le savais) Jusqu'au jour, où tout a changé. Ma vie n'a plus jamais été la même. (Il paraissait perdu dans ses pensées) J'ai fait des choses dans ma vie que tu n'approuverais sans doute pas. Mais je ne regrette rien. L'expérience m'a appris à ne jamais regretter, ni oublier. 
- Comme avec Rozanna ? 
Je n'étais pas sure d'avoir bien fait, mais j'espérais qu'il m'offrirait alors des réponses, ou du moins poursuivrait son récit. Il se tourna vers moi et ma grande surprise me sourit.
- Oui, comme avec Rozanna. Elle est différente de Bob. Je ne savais pas vraiment comment réagir. Mais je me dis que je ne pouvais pas lui laisser croire que je l'avais oubliée, alors qu'elle a tenu une place si importante dans ma vie, à un moment donné. C'est un peu, une des choses que je redoutais en atterrissant ici. Mon époque n'est pas si éloignée de celle-ci et ce  New York est loin de m'être inconnu. 
- Et pour Bob ?
- Lui ! Il a toujours été particulier. Je me doutais que d'une manière ou d'une autre, le problème de l'espace-temps n'en serait pas un pour lui. (Il rît de nouveau). Ça ne l'a jamais été d'ailleurs. A l'âge qu'il a, je doute que le temps lui importe encore.
- Quel âge a-t-il ? 
- Ah, il semblerait que je me sois un peu emporté. Enfin, après tout, tu connais déjà la base, alors... Bob a le même âge que James !
- Si jeune ?
- Non pas vraiment ! (Il rît encore, j’aimais ce rire) Quand je disais qu'il a le même âge que James, je me fiais à sa date de naissance !
Je fus estomaquée, comme figée. Mon cerveau fit peu à peu la liaison, James était né en 1800 donc Bob avait ... 254 ans. Comment ça pouvait être possible ?
- Je sais que ça surprend mais bon. 
- Et toi ?
- Quoi moi ?
- Tu as vraiment 21 ans ?
Il sourit, amusé.
- Je vais dire oui. 
J'ignorais s'il m'en dirait plus. Aussi, une question que j'avais gardé pour moi me revint et je m’enquis de la, lui, poser.
- Le jour où nous sommes arrivés ...
- Oui ?
- Tu nous as à demander si nous avions des frères et sœurs ...
- Et ?
- Tu as répondu comme nous tous mais ...
Il attendait, le visage devenant quelque peu inquiet. Je me mordis la lèvre. 
- Tu n'étais pas convaincu. J'ai eu l'impression que ta réponse sous entendait autre chose ...
Je doutais désormais. Peut être aurais-je mieux fait de me taire ?
- Tu dois bien être la seule à l'avoir remarqué ! 
J'osais le regarder. Il faisait de même mais rien de ses yeux ne m'indiqua qu'il était furieux ou gêné plutôt fasciné. La raison m'en échappait. 
- Tu as raison. Ma réponse n'était pas à proprement véridique. Mais c'était la seule qui entrait en compte ! 
J'attendis, fascinée à mon tour, sans savoir pourquoi.
- Ma famille est plutôt inconventionnelle, selon votre définition. J'ai eu un frère et j'ai ce qu'on pourrait considérer comme une sœur. Mais, les liens du sang ne sont plus vraiment pris en compte là dedans. Du moins pas tels que vous les connaissez. (Il hésita puis s'engagea) Mon petit frère est mort, il y a de cela quelques années. 
- Je suis désolée 
Et je l'étais. Qu'il se confie à moi, me plaisait mais qu'il est perdu un frère m'attristait plus que nécessaire. 
- Tu n'as pas à l'être. C'est loin désormais. Quant à ma sœur, disons que nous avons des liens de parenté, un peu spéciaux. 
- Je comprends. Dans la mesure du possible bien sur mais je comprends. 
Il me sourit, rayonnant. La tristesse semblait avoir disparu de ses prunelles laissant place à une autre émotion inconnu à mes yeux. 
- Tu es vraiment quelqu'un de bien, Charity Brown. 
Je rougis, le feu me montant aux joues lorsque je compris que de la douceur avait envahi son regard. Il sourit.
- Ai-je répondu à tes questions ?
- J'ai bien peur, qu'il y en ait encore !
Il rît. 
- Dis-moi.
J’hésitais. Mes questions pouvaient engager tout un tas de paramètres et je craignais d’aller trop loin. 
 - Il y a longtemps que tu connais Bob ?
 - Hum (Il réfléchit). Nous avons commencé à travailler ensemble, il y a seulement quelques années, mais j’avais déjà l’occasion de le rencontrer bien avant. Ce dont je me serais volontiers passé.
 - Pourquoi ?
 - Tu as bien vu comment il est. Quand on ignore qui il est et qu’il vient mettre son nez dans les affaires privées, ça n’est pas forcément très agréable.
 - J’ai vu 
 - Quel genre de travail faites – vous ?
 - Ah … (Ce fut à son tour de se mordre la lèvre. C’était à tomber) J’ai bien peur de ne pas pouvoir répondre tout de suite à cette question.
 - Pas de problème. 
J’étais allé trop loin. Les questions se bousculaient dans ma tête mais je choisis d’arrêter là, pour ce soir. Je finirais bien par trouver des réponses.
 - Autre chose ?
 - Je crois que je vais m’arrêter là
 - Je ne voulais pas t’empêcher de continuer
 - Ce n’est pas ça. Je suppose que j’aurais le temps de trouver des réponses plus tard
 - Sans doute.
A la lumière de la lune que modifiait la couleur de ses yeux, je pus remarquer qu'il était vraiment magnifique. 
- Serait-il temps d'aller dormir ?
- Je crois bien. La journée, qui nous attend, promet d'être plutôt mouvementée
Je souris et me levais enfin. L'air de la nuit était vivifiant. Il suivit mon mouvement et nous retournâmes à l'intérieur




Nous avons tous à un moment donné rêvé d'être libre ! De recommencer notre vie de A à Z et de laisser toutes nos erreurs derrière nous ! La vie nous en offre parfois l'opportunité mais en venons-nous vraiment à réaliser nos rêves ? Tel est la question. Avez-vous la réponse ?

Ce fut le soleil aux fenêtres qui me réveilla. Baignée dans la lumière, j’étais parfaitement bien. Je n’avais aucune envie de me lever et de retourner au pub. Perdue dans mes rêves, je me rappelais avec une légère et merveilleuse impression de nostalgie, les événements de mon songe. Mais la vie n’est pas un conte de fées au pays des rêves, aussi je m’obligeais à ouvrir les yeux. Les décors de la chambre me parurent bizarres. Très éloignée du souvenir que j’en gardais. La mémoire me revint peu à peu et je me souvins avec plaisir que mon songe était juste l’extraordinaire réalité. Prise d’entrain, je me levais rapidement trop peut être. Je me mis à rire tout seule. Le canevas bien tissé de ma vie était brisée et ce fut avec un plaisir non dissimulé que je me demandais ce que pouvait bien me réserver cette nouvelle journée en 2054. Je me souvins alors que c’était aujourd’hui que nous devions découvrir nos nouvelles activités. Impatiente de savoir ce que Bob avait bien pu me réserver, je me dirigeais vers la porte. 
La pièce était illuminée par le soleil qui miroitait sur le plancher. L’imposante table qui ornait la pièce centrale était définitivement à sa place. Je remarquais que Roy était déjà levé, assis à la table, il semblait occupé à l’étude d’un dossier. Sûrement celui de Bob. Il m’entendit arriver et m’accueillit avec un grand sourire. L’effet qu’il produisit sur moi, avait changé, sûrement à cause d’hier soir. Il me rendait heureuse. Je souris à mon tour et sans attendre, me dirigeais vers la cuisine. J’avais une folle envie de sauter partout ! C’était tellement bête !
Chantonnant joyeusement, j’entrepris de me préparer un semblant de petit déjeuner. Mais plus mon entreprise avançait, plus je me rendais compte que j’avais faim. Etrange. Je ris doucement et tout en fredonnant je chargeais la table de la cuisine. Roy avait-il déjeuné ? Je préférais prendre mes précautions et ma menue cuisine terminée, je le rejoins dans la salle à manger, les bras chargés. En me voyant entré, Roy me regarda à la fois ahuri et amusé. Il semblait préférer se taire et avec un rire, il retourna à sa tache. Toujours aussi enthousiaste, je poursuivis ma chanson silencieuse. J’aurais surement du me taire, au moment même où j’avais remarqué que je l’empêchais de se concentrer sur son travail, mais c’était plus fort que moi ! Au bout de cinq minutes de regards furtifs, il sembla se lasser et ferma d’un geste vif son dossier. J’ai d’abord cru qu’il allait me demander de me taire mais à ma grande surprise, il m’adressa un sourire, avant de se mettre lui aussi à manger. Ce fut à mon tour d’avoir une expression de franche surprise teintée d’amusement. Les jumelles débarquèrent en trombe dans la pièce, avant que je n’ai pu dire quoi que soit.

-         Bonjour tout le monde !  
-         Salut Charity, salut Roy !

Notre amusement loin de s’éteindre, nous leur rendîmes l’appareil. Sans plus de superflues, elles s’installèrent autour de la table et entreprirent de commencer ce qui nous poursuivions. Esperanza s’adressa alors à moi avec l’entrain qui semblait la caractériser.

-         Dis-moi Charity, ça va mieux depuis hier ?
-         Oh, euh, oui, très bien, merci

Je faillis douter de quoi elle parlait. La journée d’hier m’avait paru tellement remplie que j’en aurais presque oublié l’accident. Presque. Etrangement à cette pensée, je ressentis comme des fourmis dans certaines parties de mon corps. Je chassais ce frisson et fit comme si rien ne s’était produit.

-         Donc normalement, tu es en état pour aller dévaliser les rues de New York ?

Je m’apprêtais à répondre lorsque j’aperçus l’expression de Roy à ce moment précis. Les propos d’Espe semblaient presque l’avoir scandalisé. Je me retins de rire.

-         Pourquoi pas ? 
-         Super ! Alors voyons voir, quelle heure est-il ? Hum, 9 heures. Le temps que tout le monde se lève et se prépare, ça devrait faire le coup de midi. On pourrait aller manger en ville et faire le tour du propriétaire ? Un avis, mon capitaine ?

Sa sœur répondit au quart de tour et je compris que capitaine était un de ses surnoms. Me retenir de rire devenait un combat. Entre les propos d’Esperanza et les expressions de Roy, croyez-moi, ça valait le coup d’œil !

-         Voilà une idée très séduisante ma très chère ! Mais New York est grand. Par quoi commençons-nous le tourisme de base …

Kennedy poursuivit sa tirade et sa conversation avec sa sœur, lorsque ce fut au tour d’Ethan de se lever. Au vu de sa tête, le bruit semblait en partie responsable de son réveil. Son regard éclairé vers les jumelles vînt confirmer mon hypothèse. Il soupira et se joint à nous.

-         Bonjour 
-         Bonjour ! Assieds-toi !
-         Merci

Il s’exécuta et sans un mot, se servit à son tour. Paraissant avoir terminé Roy quitta la table son dossier sous le bras avant de se diriger vers la cuisine. Prétextant débarrasser une partie de la table, je me saisis de quelques vaisselles avant de le rejoindre. Il se tourna vers moi à mon arrivée, me permettant ainsi de lui demander :

-         Ca va ?
-         Oui. Je ne suis pas vraiment habitué à toutes ces … effluves.
-         Moi non plus
-         C’est vrai

Il parût se souvenir de la veille, et je m’efforçais de ne pas y penser.

-         Alors quel est le programme ?
-         Pour le moment… pas grand-chose. Il faut que je passe voir Bob pour régler certains détails, je suppose qu’on avisera a  près
-         D’accord

Il se dirigea vers la sortie avant de se retourner sur moi.

-         Si vous souhaitez sortir en ville ...
-         Oui ?
-         Attendez quand même, que je sois revenu. Enthousiasme et prudence ne font pas forcément très bon couple
-         Aucun problème.

Il approuva et quitta la pièce avant de faire de même avec l’appartement. Je soupirais et sortis à mon tour. Ethan se tourna vers moi.

-         Tout va bien ?
-         Oui, il a juste quelques affaires à régler
-         D’accord. 
-         Ca va ?
-         Oui, pourquoi ?
-         Tu as l’air, euh, fatigué ?

Il rit légèrement.

-         Non, ça va. J’ai pas aussi bien dormi qu’il l’aura fallu
-         Pourquoi ?

Il ne répondit pas mais fit un mouvement de tête vers les jumelles qui continuaient leurs affaires avec entrain. Je compris et souris d’un air désolé. Il hocha les épaules.

-         Tu veux un café ?
-         Oh, oui, je veux bien, merci

Je souris et repartit dans la cuisine. Tout en essayant désespérément de faire un café, j’entendis une personne arrivée dans la pièce. Au faible bonjour qui parvint à mes oreilles, je compris que c’était notre timide Ayana. Prévoyante, j’ajoutais une autre tasse pour le café. Sait-on jamais. Mon travail terminé, j’apportais les deux coupes dans la salle à manger. Mon idée se confirma, c’était bien elle. Je la saluai et lui servis la tasse tout en donnant la sienne à Ethan. Aya semblait fuir les jumelles comme si leur enthousiasme débordant était contagieux. Je trouvais ça bizarre mais m’abstint de tout commentaire avant de me rasseoir. Je les observais chacun à leur activité. Les jumelles et leur projet plus ou moins surréaliste d’escapades new-yorkaises. Ca donnait envie de rire. Il paraissait incroyable d’être aussi à l’aise dans une situation comme celle dans laquelle nous étions. Aya et Ethan les regardaient aussi, sans un mot. Ce fut bientôt au tour de James de se lever et de nous rejoindre. Je saluais poliment notre jeune noble qui me rendit l’appareil avec beaucoup d’élégance.

-         Vous souhaitez quelque chose James ?
-         Qu’avez-vous à me proposer ?
-         Bon nombre de choses, si vous avez des demandes particulières ?
-         J’apprécierais un thé et de quoi compléter si ça ne vous dérange pas

-         Je vous apporte ça tout de suite


Je me levais et retournais vers la cuisine. Vouvoyez quelqu’un qui avait à peine quatre ans de plus que moi pouvait paraître étrange. Mais je considérais que l’adaptation à notre monde était assez compliqué pour lui, sans qu’il n’ait à se faire à tous nos mœurs. Je mis un thé à chauffer et partis en quête de brioches. Ca devrait bien s’accorder. J’apportais ensuite le tout dans la salle à manger.

-         Merci Charity 
-         De rien

Après réflexion, je revins à nouveau dans la cuisine. Je me chargeai les bras et fit demi tour vers la salle à manger. Je déposais le tout sur la table avant de partir dans la salle de bains. Je réalisais que je n’y avais encore pas mis les pieds. La pièce était relativement grande et lumineuse, ce qui me surprit. Le sol, le plafond et les murs semblaient recouverts de cristal. Mais je m’aperçus bien vite, qu’il s’agissait d’un effet d’optique. Reprenant ma chanson, j’entrepris de me déshabiller avant de tester la douche nouvelle génération. Si la situation n’était pas aussi étrange, j’aurais pu penser me trouver dans un laboratoire de test scientifique. L’idée que cela puisse être le cas me traversa alors réellement avant d’être chassée. Il y avait trop de choses qui ne collaient pas. J’entrai dans la cabine. Ici, pas de douchette ou de robinet mais une jolie palette de boutons tactiles. Amusant. Roy ou Bob n’auraient – ils pas oublié quelques menus détails ? Qu’importe ! Ca ne pouvait pas être bien dangereux. 
Après plusieurs minutes d’essais plus ou moins réussis, j’arrivais enfin à la faire fonctionner. Un quart d’heure plus tard, je ressortais de la douche, fraiche comme une heureuse et décidément toujours aussi joyeuse. Ma serviette sur moi, je quittais la salle de bain pour rejoindre discrètement ma chambre.
A peine eus-je le temps de terminer que le son d’une voix m’indiqua que Roy était revenu. Je souris et partis dans le salon retrouver les autres et apprendre les dernières nouvelles. Mon sourire s’effaça pourtant au profit d’un air inquiet. Roy semblait visiblement très mécontent.

 
Des projets. Les autres ont souvent des projets pour nous. Parfois nous en avons aussi pour eux. Pourtant certaines choses devraient n'appartenir qu'aux véritables concernés. Est-ce alors la marque d'un besoin de tout contrôler ? Ou alors juste la preuve que contrairement aux autres, le commanditaire a toutes les cartes en main ? Voilà une question à laquelle je vous laisse méditer. 

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Les autres semblaient partager mon inquiétude. Roy nous jugea du regard les uns après les autres. Il soupira, contrarié.

-         Je viens de parler avec Bob. L’homme du bar, précisa-t-il, suite aux regards interrogatifs de certains d’entre nous. Notre séjour ici, va, comme vous le savez, nécessiter certaines affaires. Nous avons réglé le problème du logement, reste celui de notre activité.

Son regard était noir. J’ignore ce dont ils avaient parlé mais ça lui avait visiblement déplu. On sentait au son de sa voix qu’il contrôlait son mécontentement tout en choisissant soigneusement ses mots. Ca en était presque inquiétant. Qu’avez donc pu dire Bob ? Il poursuivit son discours.

-         Bob m’a fait une proposition ou plus exactement nous a fait une offre. Elle me déplait. Mais je ne suis pas le seul décideur. De fait, ce choix nous le ferons ensemble. Par ailleurs, avant de vous exposer cette … demande, je vais devoir vous informer de quelques éléments.

Ses yeux repassèrent sur chacun de nous et terminèrent par moi. Leur expression en était résignée. De nouvelles questions vinrent me tarauder. Avec un nouveau soupir, il nous parla d’une traite, d’une voix calme, contrôlée, presque professionnelle.

-         Bob et moi appartenons à une agence. Je ne vous en révélerais pas le nom, pour des raisons temporelles que vous comprendrez sans doute. Nous …
-         Quand tu dis agence, tu veux dire genre CIA ?

Roy regarda Esperanza, amusée.

-         Hum, oui et non. Disons que nous appartenons au même monde.
-         Donc ce n’est pas la CIA ?
-         Non. Et inutile de chercher, je doute que tu trouves. Notre agence est jeune, elle n’existait donc pas encore à ton époque. 
-         Oh ! 
-         Mais tu es quoi au juste une sorte d’agent secret ?

La question de Kennedy le fit sourire puis rire. C’était étrange de l’entendre rire. Inhabituel. Plaisant aussi. C’était plutôt agréable à entendre. Il riait encore légèrement lorsqu’il lui répondit.

-         Je n’aime pas ce terme. Ce n’est pas complètement vrai. Mais faute de mieux. Va pour ça !

Les jumelles se mirent alors à lui jauger d’un autre œil, comme fascinées. Le sourire de Roy en revanche vînt s’effacer.

-         Bien. Je voie que vous comprenez le principe. La proposition de Bob est simple. Il souhaiterait nous voir réaliser une mission pour le compte de l’agence. Il semble considérer que notre nombre conviendrait à merveille à l’exécution de ce projet. 
-         Ca a l’air plutôt simple, pourquoi cela te déplait –t-il ?

Roy regarda Sae avec le plus grand sérieux.

-         Parce que Bob ne connaît pas le terrain, et vous non plus. Je connais ce genre de mission. En apparence elles sont simples mais il y a toujours de nombreux paramètres à prendre en compte. Vous n’êtes pas des agents. Ce type d’affaire exige un minimum de formation. Et dans notre situation je trouve ça dangereux. 
-         Pourquoi nous le proposer alors ?
-         Il tente sa chance. J’ignore si cette décision lui appartient totalement mais je la trouve déraisonné. 
-         A-t-il autre chose à nous proposer ?
-         Pas tant qu’ilsn’aura pas essuyé notre refus. Pas seulement le mien.
-         De quel type de mission s’agit-il ?
-         Pour celle-ci il s’agirait de récupérer des documents confidentiels lors d’une réception. 
-         Est-ce si compliqué ?
-         Compliqué ? Non. Dangereux. Ces documents ne sont pas n’importe où et je doute que tout se passe sans le moindre accroc. 
-         Mouais, enfin ça passe encore. Mais j’ai quelque chose qui me dérange un peu plus.

Roy se tourna vers Kennedy intrigué.

-         Je t’écoute.
-         Est-ce que c’est bien légal comme histoire ? Je veux dire bien sur, le gouvernement envoie des agents spéciaux rechercher des infos top sécrètes et tout ça mais vous ? Vous faites ça pour le gouvernement ou pour quelqu’un d’autre ?
-         Tu veux connaître la destination de ces documents ?
-         Et leur utilisation. Je veux dire, on va pas aller récupérer ces documents si c’est pour qu’ils servent à faire des trucs genre illégaux

Roy parut surpris, puis outré, offensé.

-         Dois-je comprendre que tu remets en cause mon intégrité ?
-         Hein, non, non, c’est pas contre toi, c’est juste que …
-         En remettant en cause l’action de cette agence, c’est mon intégrité que tu remets en cause.
-         Mais euh, on peut vraiment leur faire confiance ?
-         A qui ? A nous ? Nous ne sommes pas des criminels, Kennedy. 
-         Je dis pas toi, je dis juste, enfin tu es sur qu’on peut lui faire confiance à ton agence ? Je veux dire toi-même tu remets en cause le choix des personnes choisies pour la mission.

Roy était presque scandalisé. Ses mots devinrent puissants mais hésitants. Son ton était presque fervent.

-         Ce n’est pas l’agence que je remets en cause. C’est la décision de Bob. Il a beau avoir des idées qui me déplaisent, il n’est pas fou, je lui fais confiance. Sinon, il y a bien longtemps que … Elle … Si il avait été du mauvais côté … Elle n’aurait  … Il ne sera plus là depuis longtemps. Jamais, elle n’aurait jamais … Je … Non. Je leur fais confiance. Je lui fais confiance. Si elle ne peut pas l’avoir, personne ne la mérite.

Sa manière de prononcer « elle » en était presque fascinante. Qui était-elle donc ? Qu’avait-elle donc pour mériter une telle dévotion et une telle confiance ? J’ignorais qui elle était mais j’éprouvais déjà une vive curiosité pour cette femme. Je n’avais jamais vu Roy avec autant de pression. 

-         Roy.

Il se tourna vers moi, presque méfiant. Comme s’il s’attendait à ce que le soupçonne moi aussi. Autant dire qu’il s’inquiétait pour rien.

-         Elle fait confiance à Bob pas vrai ?
-         Euh oui, évidemment. 
-         Tu crois qu’elle sait ?
-         Quoi donc ?
-         Pour nous. Qui nous sommes. Tu penses qu’il lui aurait dit ?

Voyant le nouveau tour de la conversation, son ton se fit moins menaçant, il parut réfléchir quelques secondes.

-         Probablement. Ou veux-tu en venir ?
-         Si elle sait, pour nous. Elle sait aussi pour la mission ?
-         Forcément. C’est elle qui …
-         Ecoutes, je n’ai pas énormément confiance en Bob. Il m’intrigue. Mais, tu sembles dire que l’on peut lui faire confiance. A elle. Crois-tu qu’elle aurait laissé Bob nous confiait cette mission si elle n’avait pas eu, une bonne raison.
-         Qu’est-ce que ? Oh, je voie où tu veux en venir. Quelle est ton opinion exactement ?
-         Cette mission, qu’est ce qu’elle nous rapporterait au juste ? Quelle est notre contrepartie dans l’histoire ?
-         Je suppose que l’on peut considérer ça comme un travail.
-         Un moyen de subvenir à nos besoins pendant notre séjour ici ?
-         Oui, c’est dans ce genre-là. Mais je ne te suis pas.
-         Je pense que l’on devrait accepter cette mission.
-         Pourquoi ?
-         Écoutes, je sais que tu connais tout ça mieux que nous. Mais en attendant nous sommes là, dans le futur. Pour une raison encore inconnue et pour je ne sais combien de temps. On ne sait pas ce qu’on attend de nous. Peut être des choses nouvelles. Des choses qui sont peut-être très différentes de ce que l’on fait d’habitude. On doit être prêt à tout. Bob sait qui nous sommes. J’en suis convaincu. Il sait que nous ne sommes pas des agents spéciaux formés pour ce genre de mission. Est-ce qu’il n’a rien prévu ? Pour ça 
-         Hum, si bien sur.
-         Ecoutes, ça te déplait, j’en ai conscience. Mais tu as placé ta confiance dans ces gens, dans cette agence. Crois-tu qu’elle nous enverrait exécuter cette mission sans bonne raison ? Je ne dis pas que c’est sans risque. Je ne dis pas non plus que nous sommes faits pour ça. Mais admettons que l’on réussisse. Bob nous devra une faveur, non ?

Il sembla hésiter. Son regard était intense, fixé sur moi. Il m’avait écouté avec attention.

-         Tu es d’avis de le faire ?
-         Je pense qu’il doit bien y avoir une raison à toute cette histoire.
-         Je suppose que tu n’as pas tout à fait tort. La décision vous appartient. Je vous laisse choisir.
-         Je suis pour.
-         Je le suis également.

Sae prit ma suite et chacun en donna de son avis.

-         Roy, écoutes. Je m’excuse pour ce que j’ai dit. Si tu as confiance, alors moi aussi. J’en suis.

Kennedy prit un air désolé et Roy sembla passer l’éponge. Au final, tous approuvèrent à l’exception de Mac. Roy soupira de nouveau et s’adressa à l’ensemble.

-         Bien, je voie que votre décision est prise. Mes réserves sont toujours là. Mais si nous devons mener à bien cette affaire, ça ne se fera pas sans rien. Bob m’a chargé de votre formation s’il s’avérait que vous acceptiez. Il semble avoir bien deviné vos avis. 
Alors en route, j’ai une semaine pour faire de vous des agents opérationnels.



La force. La puissance. Ces éléments nous aident à résister dans la vie réelle. A mener nos combats avec plus de vigueur et d'énergie. Pourtant l'erreur serait de tout considérer comme un combat. La lutte finale peut alors être bien différente de celle que l'on croit.

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Nous étions maintenant en voiture en route vers ce qui selon Roy serait notre lieu de formation. J’avais déjà suivi une préparation physique pour l’un de mes nombreux métiers mais l’époque étant différente, je me demandais ce que l’on pouvait bien nous réserver. J’étais assise côté passager, Roy occupant la place conducteur. Tandis que les autres spéculaient sur le type d’entrainement qu’il était prévu que nous suivions, je remarquais qu’il était particulièrement silencieux. Son regard restait fixé sur la route et son expression impénétrable. J’avais le sentiment qu’il nous en voulait. J’aurais voulu lui parler, m’excuser peut être mais rien ne vînt. Je tentais de conserver mon regard sur la route moi aussi mais mes yeux revenaient toujours à lui. Avant que je n’ai pu dire quoi que ce soit, il apparut que nous étions arrivés à destination. Je jetais un coup d’œil par la vitre. L’endroit ressemblait vaguement à un vieil entrepôt abandonné. 

-         Euh Roy t’es sur que c’est le bon endroit ?

La question d’Esperanza semblait représenter la pensée de plusieurs d’entre nous. Roy eut un sourire amusé mais ne répondit rien. Il se contenta de se diriger vers le vieux bâtiment. Je le suivis avec le groupe, presque aussi intriguée que l’ensemble. Il frappa à une antique porte de fer qui s’ouvrit faiblement et juste assez pour laisser apparaître la tête d’un homme de forte corpulence à l’air méfiant.

-         Je peux vous aider ?
-         Je pense que oui

De la même manière qu’à la tour d’astronomie, Roy lui montra son poignet. L’homme eut un mouvement de recul avant d’incliner légèrement la tête. Roy sourit et l’homme lui avait ouvert grand la porte pour le laisser passer. Il nous fit signe de le suivre et entra le premier dans l’entrepôt. Nous le suivîmes sans un bruit. L’entrée débouchait un long couloir dans la pénombre avant d’arriver sur une immense salle qui ressemblait vaguement aux salles de sport que l’on retrouve au collège. Cette pensée se confirma quand je vis que Roy nous menait vers des vestiaires. Il se tint à l’entrée nous laissant passer les uns après les autres.

-         Bien. Vous trouverez dans ces vestiaires de quoi vous changez pour être habillés de manière plus appropriée à nos activités de la journée. Les tailles devraient convenir. Rejoignez-moi dans la pièce de l’autre côté lorsque vous aurez terminé.

Avec un hochement de tête, il traversa toute la longueur des vestiaires et sortit par la porte qui se trouvait à l’autre bout. Nous échangeâmes tous un regard avant d’entrer en silence dans chacun des petits vestiaires qui longeaient le mur. J’y trouvais ce qui me rappelait vaguement une tenue de sport mais plutôt du genre nouvelle génération. La pensée qu’on l’avait peut être pu se tromper de cabine me traversa l’esprit mais je tentais tout de même d’enfiler la tenue. Aussi étrange que cela pouvait paraître, elle m’allait à merveille. Pas dans le sens où j’étais jolie dedans, plutôt celui où il s’avérait qu’elle était exactement à la bonne taille. Le fruit du hasard ou bien ces tenues s’adaptaient-elles tout simplement à la personne qui la portait ? J’avais tendance à envisager la seconde hypothèse bien qu’il me parût un peu incroyable. Laissant mes vêtements à la place du reste, je sortis du vestiaire. Les jumelles étaient aussi sorties et semblaient hésiter à rejoindre l’autre pièce. Je leur souris et m’exécuta donc la première. L’endroit était immense. J’aperçus Roy à l’autre bout en train de discuter avec un homme d’origine asiatique. Lui aussi s’était changé et je remarquais entre stupeur et émerveillement que ça laissait apparaître une sculpturale silhouette. Je préférais détourner mon regard de lui et me concentra plutôt sur le lieu où je me trouvais. Rien ne semblait donner un indice sur ce qu’allait être nos activités. La surprise serait apparement totale. Je regardais les jumelles et elles semblaient penser la même chose que moi, même si autre chose paraissait avoir retenu leur attention.

-         Roy s’est changé non ?
-         Je crois bien. 
-         Oh My God !

Je souris, riant presque en voyant les expressions qu’elles affichaient et qu’afficha bientôt Sae qui venait de nous rejoindre suivi des autres. Seules Mackenzie et Ayana étaient restées habillées comme avant. La conversation de Roy prit fin et il vînt rejoindre.

-         Tout le monde est là ? C’est parfait. Vous vous demandez surement ce qui vous attend alors je ne vais pas vous faire patienter plus longtemps. L’une des premières choses que doit savoir faire un agent et je ne parle pas uniquement de chez nous, c’est de se défendre. Ou selon les points de vue, de se battre. 
-         On va se battre ?


Kennedy avait un regard effrayé à cette idée.


-         Oui. Bien sur, je ne demande pas de combats violents pouvant entraîner des blessures. Ce qui m’intéresse c’est de savoir quelles sont à ce jour vos capacités défensives.
-         Contre qui doit –on se battre ?

Roy sourit, malicieux.

-         Contre moi.

Les jumelles échangèrent un regard tout comme James et Ethan. Pour ma part, j’observais Roy sans réussir à déterminer si j’étais moi aussi effrayée ou impatiente.
Sae en tout cas semblait avoir décidé.

-         Très bien, je commence.
-         Hum. Si tu veux.

Elle lui lança un regard de défi qui l’amusa.

-         On va procéder en plusieurs étapes. Tu vas attaquer en premier et je me contenterais de me défendre. Ensuite, on inversera les rôles. Et le reste viendra de lui-même.
-         Parfait !
-         Dans ce cas, suis-moi

Les regards suivaient successivement Roy et Sae, intrigués avant d’être effrayés. Roy s’arrêta au centre de la pièce qui comme le remarquait alors était recouvert d’un tapis. Le groupe s’approcha plus près de leur arène afin de mieux observer la scène. Roy semblait détendu mais attentif. Sae venait de s’étirer et le fixait, prête à attaquer. 
Le premier coup parti mais il fut facilement contrer par Roy qui agissait de façon presque nonchalante. Pourtant son regard aux aguets ne trompait pas. Pas déstabilisée le moins du monde, Sae réitéra à plusieurs reprises sans relâcher la pression. Mais ses coups semblaient n’avoir aucun effet sur Roy qui les contrait les uns après les autres avec une aisance incroyable. Les mouvements de Sae devinrent plus précis et il dut augmenter sa vitesse. Très vite, il apparut qu’ils maitrisaient tous les deux très bien l’art du combat. De la transpiration commençait à perler sur le visage de Sae marqué par la concentration. Roy eut un mouvement en arrière ce qui la surprit.

-         Maintenant, c’est mon tour.

J’avais presque oublié les étapes prescrites par Roy et Sae visiblement aussi. De la surprise passa dans son regard vite remplacée par de la concentration car Roy venait de frapper. Elle para le coup de justesse et adopta une position défensive prête aux suivants. Ils ne se firent guère attendre. Sae n’eut bientôt plus le temps de se relâcher. Sans être violent, les coups de Roy étaient effroyablement rapides. Je fus impressionnée par la résistance de Sae. Roy relâcha bientôt la pression et la regarda amusé. Ses yeux étaient flamboyants. Il était visiblement très content. Sae en revanche était essoufflée mais pas forcément mécontente. A ma grande surprise, elle fit un grand sourire.

-         Je t’aurais pas cru aussi bon
-         Je peux te renvoyer la remarque.
-         Prêt pour le final ?
-         Tu poses la question ?

Sae se remit en position de combat et chargea. Roy avait prévu le coup et para sans difficulté. La suite s’enchaîna à une vitesse presque irréelle. Étaient-ils vraiment humains ces deux-là ?  Le duel arriva finalement à son terme lorsque Roy réussit à plaquer Sae sur le sol. Prise au piège, la jeune japonaise reconnue sa défaite même si elle semblait plutôt contente. Elle se releva et nous rejoint. Elle était en sueurs.

-         Qui est le suivant ?

Nous nous sommes tous regardés, nous interrogeant du regard. Ce fut finalement James qui s’avança.

-         J’ai failli à mes devoirs de gentleman en laissant une demoiselle t’affronter en premier lieu. Il est temps, je crois de rattraper ce manquement.

Roy parut intéressé mais la plupart d’entre nous étions plutôt effrayés. L’époque de James était loin d’entre en phase avec les techniques de combat de la nôtre avant même de celle de Roy.

-         Promets-tu d’être fairplay ?
-         Je suis un homme d’honneur
-         Je n’en attendais pas moins de la part d’un Spencer.

Roy sourit et se mit en position.

-         C’est à moi de commencer il me semble
-         En effet.
-         Bien. Tu pardonneras ma technique qui peut paraître démodé.
-         Aucun problème.

James s’inclina devant son descendant puis agit très rapidement, prenant presque Roy au dépourvu. Ce fut de courte durée. Les coups de James étaient peut être puissants mais manquaient de précision. Il était clair que ce dernier était plus habitué au combat d’armes que de corps à corps. Contrairement à son duel avec Sae, Roy fut moins rapide mais plus précis. Il guettait le moindre coup de son ancêtre qui possédait une belle agilité. James recula et invita Roy à l’attaquer à son tour. Là encore, la technique différait dans les deux coups. Cependant, il apparut que James possédait une excellente esquive, laissant sous entendre qu’il était probablement un très bon épéiste. Le combat se poursuivit plus rapidement que le précédent. Ils passèrent  très vite à l’étape finale au cours de laquelle James résista tant bien que mal. Il fut tout de même vaincu mais il appréciait que cela fut à la loyale. James était aussi ruisselant que Sae contrairement à Roy qui semblait toujours en excellente forme. Ethan prit la suite de James dont il reproduit le même schéma. Les combats s’enchaînèrent alors rapidement. Les jumelles l’affrontèrent à leur tour mais leur souplesse et leur agilité n’avaient pas suffit à venir à bout de Roy. Ayana ayant refusé de participer et Mackenzie étant trop jeune, il apparut qu’il ne restait plus que moi pour me battre contre Roy. Il semblait avoir réalisé la même chose et me regarda intrigué. Je pris une grande inspiration avant de m’avancer à mon tour dans l’arène.



Son regard était uniquement concentré sur moi. Il m’observait avec un mélange d’impatience et de fascination. J’en aurais presque rougi. Je croisais ses yeux et il se prépara à m’affronter. Il paraissait ne pas savoir à quoi s’attendre. Je me demandais bien pourquoi. Qu’avait-il donc deviné ? Il y avait très peu de chances qu’il sache. Je pris une grande inspiration et me mit en place à mon tour.

-         Je commence ?
-         A toi l’honneur !


Je l’observais de la tête aux pieds. Dieu qu’il était beau ! Je fermais un instant les yeux. Il ne devait pas me distraire. Faisant abstraction de tous les sentiments qu’il réveilla en moi, je tentais de me concentrer sur lui en tant qu’adversaire. Lorsque j’ouvris les yeux, je vis qu’il attendait, prêt à réagir. Je croisais son regard et partis à l’attaque. Il para mon coup avec une insolente facilité. Je renchéris avec plus de force mais le résultat fut le même. Je tentais une autre méthode mais elle parut tout aussi inefficace. C’était bien vrai, il était sacrément doué. Plutôt contente de le constater, je recommençais avec d’autant plus d’ardeur. J’eus l’air de le surprendre. Mais pas suffisamment pour qu’il baisse son attention. Je croisais à nouveau ses yeux. Ils brulaient d’excitation. Je souris et tentai de briser sa garde. Sa défense se révéla pourtant impénétrable. Etais-je rouillée ou lui, trop doué ? Sans y réfléchir plus, je pris le parti de ne lui laisser aucun répit. Quand bien même, je savais que ça ne le fatiguerait guère – il venait d’enchainer cinq combats sans montrer la moindre signe de faiblesse – j’espérais capter suffisamment son attention sur mes coups à répétition pour le prendre de revers. Ca a presque marché. Changeant sa garde, il para mon attaque juste à temps. Il me regarda, surpris mais amusé. Je lui rendis un sourire et repartit à la charge. Pourtant il semblait que je pouvais enchaîner tous les coups que je voulais sans qu’il n’en ressente le moindre effet. Je commençais à sentir des engourdissements dans mes poignets.
Je me reculais et l’invitais à charger à son tour. Un sourire passa sur son visage et je regrettais bien vite cette décision. Ce que la vision en tant que simple spectateur ne montrait pas, c’était la puissance des coups qu’il assénait. Aussi, j’eus le souffle coupé, lorsqu’il me chargea la première fois. Je repris rapidement mes esprits, le souvenir furtif d’Haley passant dans ma tête. Roy n’était pas mon seul adversaire redoutable. Reprenant la garde que j’avais mis des mois à développer bien des années auparavant pour l’une des mes multiples activités, je parvins à résister tant bien que mal. Ses attaques étaient aussi rapides que précises et je fus bientôt submergée. Comment pouvait-il être aussi puissant ? Je réussis tant bien que mal à me dégager. Mes membres commençaient à être engourdis à cause des coups répétés.  
Il m’interrogea du regard mais je lui rendis une expression de défi. Il sourit et nous passâmes à la dernière étape. La plus ardue. La plus passionnante aussi. L’un comme l’autre, nous pouvions enfin agir à notre guise. Cette liberté me redonna de l’énergie et je repartis au combat de plus belle. La défense dut se mélanger à l’attaque et les coups partirent comme des tirs. Mon esprit n’était plus dans la réflexion mais seulement dans la manœuvre de combat. J’ignore combien de temps, les actions s’enchaînèrent ainsi les unes après les autres. Un éclair de lucidité me fit remarquer qu’aucun de ses coups n’était matière à blesser. Sa maîtrise était excellente. Ramenant à moi une vieille technique d’Haley, je réussis à mon grand étonnement à le surprendre. Certes très peu mais suffisamment pour réussir mon coup. Il se figea et presque gênée, je l’observais. J’eus d’abord cru avoir fait une erreur mais son sourire me rassura. Sans attendre, il répartit à l’attaque. Je réussis à le parer juste à temps. Je souris à mon tour et les actions se poursuivirent sans accroc. Je commençais à être épuisée et mes coups comme ma défense devaient s’en ressentir. Je devais terminer rapidement, mais j’ignorais comment. Il était bien meilleur que moi sur les deux plans. Je tentais le coup de la dernière chance, celle qui m’avait permis de vaincre Haley, il y a des années mais il s’avéra insuffisant face à Roy qui comme précédemment avec Sae réussit à me plaquer au sol. Je tentais vainement de me débattre. Vainement c’était le mot. J’étais totalement prisonnière. Mes piètres mouvements ne firent que resserrer la pression qu’il exerçait sur moi.  Bientôt il fut complètement penché vers moi et je ne pus faire aucun geste. J’étais vaincue, totalement à sa merci. Son visage était effroyablement proche du mien. J’avais le souffle saccadé sans savoir si c’était du à la fatigue ou cette fascinante proximité. Je remarquais brièvement qu’il paraissait lui aussi essoufflé. Etrange. Son regard fut bientôt plongé dans le mien et je fus incapable de quoi que ce soit. J’étais parfaitement hypnotisée. Il s’approcha encore un peu plus et j’eus le souffle coupé. Son regard était incendiaire. Pourtant un éclair de lucidité passa dans ses yeux et il relâcha  la pression. Je repris soudain mes esprits tandis qu’il se relevait. Je commençais par m’asseoir, courbaturée. Je vis qu’il m’avait tendu sa main et je la pris pour me relever. Son contact était électrique. 

Il me relâcha et s’adressa à l’ensemble du groupe.

-         Je voie que dans l’ensemble vous connaissez les bases du combat. C’est une bonne chose. Je suis très heureux de voir que j’aurais peu de choses à vous enseigner de ce côté-là pour notre mission. Nous allons devoir passer à la suite des opérations, mais je pense que ça peut attendre cette après midi. Allez vous rafraîchir, je vous retrouve dans la pièce principale dans cinq minutes.


Passant par une porte à gauche dont j’ignorais la destination, Roy nous laissa seul. En silence, nous rejoignîmes tous les vestiaires. Je me dirigeais vers le premier robinet que je vis pour l’ouvrir. Prenant l’eau entre les mains, je me mouillais vivement le visage. J’avais incroyablement chaud mais j’ignore si ce duel en était l’unique cause. Roy me troublait, c’était indéniable. Si j’avais encore un doute à ce sujet, il était maintenant vite balayé. Cela étant je savais aussi que je ne pouvais rien me permettre avec lui et ce, pour diverses raisons, toutes plus ou moins valables. Je soupirais et me remis de l’eau sur le visage avant de refermer le robinet. Je saisis la serviette sur le côté sans prêter attention au reste du groupe. Je pris alors la direction de la porte et je remarquais que les autres m’avaient suivi.  Nous étions revenus dans le hall principal. Comme prévu, Roy nous attendait, appuyé contre le mur, le regard perdu dans le vide, il avait quelque chose de presque surnaturel. Je secouai la tête pour reprendre mes esprits. Il fallait que je cesse. Il remarqua notre arrivée et nous fit signe de l’accompagner vers une autre pièce.
Cette dernière qui se trouvait sur notre droite ressemblait vaguement à un self. Vaguement, je dis bien parce que premièrement il était vide et deuxièmement, il semblait construit d’une bien étrange manière. Encore un effet du futur probablement. Roy nous invita à nous asseoir à une table plutôt bien illuminée en rapport au reste qui paraissait plus ou moins dans la pénombre. Le fonctionnement serait-il le même qu’à l’hôtel ? Il semblait. Une jeune femme rousse vînt nous donner des cartes avant de repartir rapidement non sans regarder Roy une dernière fois. Ca me dérangeait mais Roy y sembla totalement indifférent. A vrai dire, il semblait intéressé par autre chose. Je mis un temps à comprendre qu’il s’agissait de moi. Je l’interrogeai du regard mais il se contenta de sourire. Nous portâmes alors notre regard sur la carte. Après un combat comme celui-ci, j’étais aussi bien affamée que sans faim. L’étrange paradoxe. L’effort avait tendance à provoquer cela chez moi. Je choisis ce qui me semblait le moins lourd par peur que Roy nous ne inflige une autre harassante épreuve. Les autres paraissaient penser la même chose que moi. La serveuse rousse revînt et passa l’ensemble de la commande, les yeux rivés sur Roy. J’avais comme une envie soudaine de la frapper mais évidemment je n’en fis rien. Je n’avais aucun droit sur lui, pas le moindre. Et puis à mon grand soulagement, Roy ne semblait guère s’y intéresser, interrogeant plutôt du regard chaque membre de notre groupe. La serveuse repartit et plutôt que de porter à nouveau mon regard vers Roy, je me tournai plutôt vers Ethan qui était assis à ma gauche. 


-         Tout va bien ? Tu sembles pâle ?
-         Oh oui, très bien. Je te remercie Charity. Juste une vieille blessure qui me reprend. Je n’aurais pas du forcer autant. Mais avec un adversaire de cet acabit, difficile de faire autrement.
-         Je vois ce que tu veux dire.

-         Tu as été réellement impressionnante au cours de ton combat. Tu n’es pas ce que tu sembles être.


Je souris. Cette phrase me rappelait de vieux souvenirs.


-         Tu n’es pas le premier à me le dire.


Il sourit à son tour. La serveuse arriva avec nos plats prenant cette fois la peine de nous regarder même si ce fut brièvement. Bien sur, elle n’y fit pas autant avec Roy. La chance a voulu que je sois dans son champ de vision et qu’elle vît mon regard, comprenant ainsi qu’il était temps de débarrasser le plancher. Le repas se fit dans un calme relatif et plutôt rapidement. Lorsqu’il vît que nous avions terminé, Roy nous invita à le suivre dans une autre pièce. Cette dernière était plus petite que les précédentes mais aussi plus longue. Je reconnus tout de suite ce dont il s’agissait. C’était une salle de tir. Plusieurs box s’alignaient face aux murs de grandes feuilles de tir se trouvant au bout de chacun d’entre eux. Les autres parurent comprendre peu à peu où ils étaient à l’exception peut être de James. Roy se tourna alors vers nous.

-         Je pense que la plupart d’entre vous auront compris où nous sommes. Sachez que vous ne vous êtes pas trompés. Mon but n’est évidemment pas de vous apprendre à tuer, plutôt à savoir vous servir d’une arme. Bien utilisée, vous pouvez l’utiliser pour blesser et croyez-moi cela peut s’avérer bien pratique, notamment dans une mission comme la nôtre.
-         Tu penses qu’on va en avoir besoin ?

Kennedy avait pris un air surpris et semblait transmettre par là bon nombre d’autres pensées que la sienne.

  - Je préférerais vous dire que non. Mais à vrai dire, on est jamais trop prudent. Je veux juste veiller à ce que vous sachiez viser. Histoire d’éviter des dommages collatéraux.

La jeune blonde se contenta d’hocher la tête et plus personne ne dit mot.

-         Bien. Vous allez vous placer chacun devant un stand de tir. Ceux qui ne le souhaitent pas n’y sont bien sur pas obligés. Ayana ?

Cette dernière répondit par la négative, Roy approuva.

-         Je m’en doutais. Tu pourrais amener Mackenzie hors d’ici. Il n’est pas nécessaire qu’elle voit ça

Ayana semblait penser la même chose et sortit de la pièce au côté de Mac. Roy revînt à nous et se saisit de l’une des armes.

-        Pour ceux qui ne connaissent pas ce type d’armes, le procédé est simple. La sécurité est ici et la gâchette s’actionne de cette manière. Maintenant voyons un peu ce que vous valez en matière de visée. Nous allons commencer du plus ancien ?

Tout le monde approuva avant de se placer devant un box. Roy s’approcha de son ancêtre et se plaça derrière lui pour lui montrer la marche à suivre. Les voir ainsi de profil l’un à côté de l’autre me fit remarquer qu’ils possédaient bien quelques similarités notamment au niveau de pommettes, cela me fit sourire. James sembla prêt et Roy s’éloigna pour le laisser tirer. Le jeune noble paraissait avoir du mal avec l’arme mais il s’avéra qu’il visait très bien. Roy approuva avec un sourire et se tourna ensuite vers Ethan. Tout comme avec James, il lui expliqua la différence entre cette arme et celles de son époque. Le même processus se répéta et il s’avère qu’Ethan était aussi bon viseur que James. Ca en était presque effrayant. Roy en revanche approuva comme s’il trouvait ça normal et passa à Sae. Les explications furent moindres avant qu’elle ne tire à son tour. Deux coups. A ce que je puis en voir, elle savait aussi très bien viser. Roy commençait à être surpris puis se tourna vers Kennedy. Cette fois, il dut lui apprendre à la tenir correctement.

-         J’espère n’avoir à jamais m’en servir !
-         J’espère pour toi aussi.
-         Bon c’est parti !

Le coup résonna violemment et elle fut projetée en arrière par le choc percutant ainsi Roy qui se trouvait juste derrière elle.

-         Oups désolée !

-         Y a pas de mal !


Roy qui avait avec le recul percuté lui-même le mur respira un grand coup comme pour reprendre son souffle.

-         Tu as raison. Il vaut mieux que tu n’es jamais à t’en servir

Kennedy se mordit la lèvre inférieure mais Roy était souriant. La balle pour sa part avait atterri dans le mur d’en face. Il se dirigea vers sa sœur et reproduit le même schéma, à la différence que cette fois il s’éloigna bien plus. Il était clair qu’il craignait d’avoir à faire au même phénomène. Esperanza recula également sous le choc mais son tir apparut rapidement comme plus précis que celui de sa sœur. Roy souriait, satisfait. Une fois de plus, j’étais la dernière. Il s’approcha de moi et me montra comment actionner l’arme. Lorsque je la pris, je remarquai qu’elle n’était pas bien différente de celle de mon époque. Cela me fit sourire. Voyons si je le réussissais toujours. Je reculai un peu plus que les autres ce qui intrigua Roy. Inclinant mon arme en diagonale, je tirai. Trois fois. D’un geste de la main, je fis avancer vers moi l’homme de papier. Je souris extrêmement satisfaite. Ma bonne vieille technique fonctionnait toujours. Trois tirs, trois points vitaux. Une au poumon droit, une entre les deux et la dernière dans le cœur. Ma trinité comme l’appelait Haley. Roy regarda le résultat de façon étrange. Le regard qu’il m’adressa ensuite était énigmatique. Cela me surprit. Connaissait-il cette technique ? Finalement il se tourna vers le reste du groupe. 

-         Il semblerait que je n’ai pas grand-chose à vous apprendre de ce côté-là non plus. J’en suis plutôt satisfait. Il commence à se faire tard, nous allons donc rentrer. Nous passerons à la seconde phase de votre formation dés demain. 

L’ensemble du groupe fut soulagé et nous sortîmes rejoindre Aya. Sur le trajet, je remarquai que Roy m’observait toujours, de la même manière. Je l’interrogeai du regard mais il ne dit rien. Nous retrouvâmes Ayana et Mackenzie et sortîmes du bâtiment pour rentrer à l’appartement. Le trajet fut plutôt calme tout comme le reste de la soirée. Visiblement tout le monde avait été fatigué par la journée et je les comprenais. Je commençais moi-même à ressentir des courbatures. J’avais peur de l’état dans lequel je serais demain. Juste avant d’aller me coucher, je décidai d’aller faire un tour dans le salon que je n’avais pas encore vraiment vu. J’étais physiquement fatiguée mais mon esprit lui était encore parfaitement éveillé. Les événements de la journée avaient réveillés trop de vieux souvenirs. Je m’assis sur l’un des canapés observant la vue que nous offrait la fenêtre. Je mis un temps à me rendre compte que Roy m’avait rejoint. Je me tournai alors vers lui qui vînt s’asseoir à côté de moi. Il semblait hésitant. Un phénomène toujours aussi surprenant à observer. Finalement, il parut prêt à se lancer.

 - Je peux te poser une question ?








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Dernière édition par Kureno Sôma le Jeu 23 Juin 2011 - 21:34; édité 37 fois
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MessagePosté le: Sam 28 Nov 2009 - 00:50    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Jeu 23 Juin 2011 - 21:36    Sujet du message: No Future ! Répondre en citant

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 22:21    Sujet du message: No Future !

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